Le tribunal de grande instance de Paris se penche, ce lundi, sur le litige opposant la plateforme de cagnottes en ligne Leetchi à Christophe Dettinger. L'ancien boxeur, condamné pour avoir frappé deux gendarmes lors d'une manifestation de "gilets jaunes", demande la somme collectée sur Leetchi pour le soutenir.

Salle du palais de justice de Paris
Salle du palais de justice de Paris © Radio France / Jean-Philippe Deniau

Qui est bénéficiaire de la cagnotte, et à quoi devait-elle servir ? Les débats tourneront essentiellement autour de ces deux questions, ce lundi après-midi, lorsque le tribunal de grande instance de Paris examinera, lors d'une audience civile, le litige opposant la plateforme de cagnottes Leetchi et Christophe Dettinger.  L'appel aux dons au cœur du conflit avait été lancé par un particulier, en janvier. A l'époque l'ex-boxeur faisait la une, alors qu'une vidéo le montrait en train de frapper deux gendarmes sur une passerelle de Paris, dans le cadre d'une manifestation de "gilets jaunes". Devenu un symbole du mouvement des "gilets jaunes", Christophe Dettinger a été condamné en février à un an de prison, pour des violences sur les gendarmes, peine aménagée en semi-liberté. Il a été placé début juin sous bracelet électronique.

Nicolas Alves, également partie civile, expliquait alors vouloir soutenir Christophe Dettinger et sa famille. Deux jours après son ouverture, la plateforme Leetchi décidait de fermer la cagnotte, et de geler les fonds qui s'y trouvaient, 130 000 euros selon le site, 145 000 d'après le couple Dettinger.  

Benjamin Bianchet, directeur général de la plateforme Leetchi, expliquait en janvier à France Inter que le financement de frais de justice étant "complètement autorisé" par les conditions générales d'utilisation, la somme récoltée pouvait servir à financer ceux de Christophe Dettinger. "Par contre, nous avons décidé de clôturer la cagnotte, plus aucune participation n'est possible pour le moment, pour qu'elle permette uniquement de financer ses frais d'avocat avec cette somme déjà extrêmement conséquente", ajoutait Benjamin Bianchet, précisant que le site demanderait des factures, afin de verser la cagnotte directement sur le compte de l'avocate, puis de répartir la somme restante entre les donneurs. "Nous avons rappelé nos conditions d'utilisation au créateur de la cagnotte : on peut utiliser l'argent récolté uniquement pour ces frais, et en aucun cas pour toute incitation à la haine ou à la violence. Compte-tenu des actes reprochés à Christophe Dettinger, aucune autre utilisation ne saurait être acceptée", précisait le directeur général.

Le couple va demander des dommages et intérêts

L'autre question est de savoir qui doit bénéficier de cette somme. Leetchi explique ne pas être en mesure de verser l'argent collecté à l'épouse de Christophe Dettinger, celle-ci n'étant pas explicitement désignée comme la bénéficiaire de la somme. En juin, le juge des référés avait décidé... de ne rien décider, expliquant que "une telle appréciation, de par sa complexité, ne relève pas des pouvoirs du juge des référés". 

De son côté, l'avocate de l'ancien boxeur, Me Laurence Léger, s'étonne que seule la cagnotte de son client soit l'objet de telles réserves, alors que d'autres appels aux dons concernent également des personnes aux prises avec la justice, parfois ouvertes après condamnation, à l'image de celle destinée au couple Balkany.

Le couple Dettinger compte également demander des dommages et intérêts, à hauteur de 3 millions d'euros : quand elle a été gelée au bout de deux jours, la cagnotte avait permis de récolter 145.000 euros, selon l'ancien boxeur et son épouse. Or, elle devait rester ouverte 45 jours. Le couple estime donc que c'est la somme qu'il aurait dû toucher si les dons avaient été possibles jusqu'au moment convenu à l'origine.

En parallèle, Me Laurence Léger a ouvert une procédure pour "abus de confiance", estimant que Leetchi avait détourné l'argent qui lui avait été confié par les donateurs.

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