Dans une étude publiée ce mardi, l'Insee détaille les inégalités de logement en cette période de confinement. Appartement ou maison avec jardin, logements "suroccupés", accès ou pas à Internet... Tous les Français ne sont pas logés à la même enseigne.

Le confinement met en lumière les inégalités de logement chez les Français.
Le confinement met en lumière les inégalités de logement chez les Français. © AFP / Rémi Decoster/Hans Lucas

Selon la taille de leur maison ou de leur appartement, tous les Français ne sont pas touchés de la même façon par le confinement, détaille l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) dans une enquête publiée ce mardi. Appartements ou bien maisons avec jardin, habitations "suroccupées" voire bondés... Le confinement jette une lumière crue sur les inégalités de logement. 

Cinq millions de personnes vivent dans un logement "suroccupé"

En cette période de confinement, ce sont 5 millions de Français qui habitent un logement "suroccupé", révèle l'Insee. Concrètement, un logement est considéré "suroccupé" quand le nombre de pièces est insuffisant au regard de la taille du ménage. L'Insee considère ainsi qu'un logement est suroccupé quand il lui manque au moins une pièce par rapport à la norme d'occupation. Cela peut être, par exemple, une pièce de séjour. 

L'enquête souligne les disparités liées à la composition familiale. Environ un couple sur dix ayant un ou plusieurs enfants de moins de 10 ans vit dans un logement suroccupé. Ce taux grimpe à 25% chez les familles monoparentales.

Autre observation : les ménages concernés habitent principalement dans les grandes agglomérations. Ainsi, une famille sur quatre occupant un logement dit "suroccupé" réside dans une ville de plus de 100.000 habitants, dont 40 % dans l’agglomération parisienne. 

Situation préoccupante en Île-de-France, en Paca et dans les quartiers "prioritaires"

En métropole, l’Île-de-France, avec 12,7 %, et la Provence-Alpes Côte d’Azur (7,5 %) sont les deux régions où la suroccupation des logements est la plus forte. Dans ces deux territoires, cette suroccupation est encore plus flagrante dans les quartiers dits "prioritaires" de la politique de la ville, les QPV. Ainsi, dans les quartiers prioritaires d'l'Île-de-France, une famille sur quatre vit dans une habitation suroccupée. Et quasiment une famille sur cinq dans les quartiers prioritaires en PACA. Ces situations de mal-logement sont aussi très marquées dans les départements d’Outre-Mer.

En outre, rapporte l'Insee, plus d’un Français sur trois vit en appartement avec un accès à l’extérieur restreint, une situation plus pénible à supporter durant le confinement. 

Le poids de la solitude

La solitude et l'isolement des personnes en période de confinement, c'est l'un des autres constats de l'étude. Ainsi, plus de dix millions de personnes - dont 2,4 millions ont 75 ans ou plus - vivent seules dans leur logement. Soit 16% de la population française. Malgré tout, relativise l'Insee, une partie de ces personnes seules ont pu rejoindre leur famille à l'annonce du confinement, notamment parmi les personnes âgées et les étudiants.

Les personnes âgées isolées restent particulièrement vulnérables, notamment dans les territoires ruraux. Près de 13% des plus de 75 ans qui vivent seuls résident dans une commune sans aucun commerce d’alimentation générale. Un taux qui s’élève même à 45 % dans la Meuse ou la Haute-Saône.

Une solitude plus pénible encore à supporter dans certains contextes. Ainsi, 12 % des personnes n’ont pas accès à Internet à leur domicile, note l'Insee, et ce quel que soit le type d’appareil (ordinateur, tablette ou téléphone portable). 

L'isolement est en outre plus important pour les personnes pauvres et les personnes handicapées, constate l'Insee. 1,7 millions de personnes habitant seules vivent sous le seuil de pauvreté en France métropolitaine. Et 7 personnes touchant l'allocation adulte handicapé (AAH) sur 10 sont isolées.

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