L'Île-de-France est en sursis : face à la situation sanitaire qui s'aggrave, le gouvernement doit annoncer de nouvelles mesures de restrictions. Mais arrêter ou même simplement freiner la première région économique du pays n'est pas si simple.

Le ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire.
Le ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire. © AFP / Hans Lucas / Arthur Nicholas Orchard

La décision du gouvernement se base évidemment sur les indicateurs sanitaires : hausse des contaminations, taux de positivité, tension hospitalière et en réanimation. Néanmoins, le paramètre économique est dans tous les esprits. Alors que tout le secteur culturel est à l'arrêt depuis quatre mois, tout comme celui de la restauration, la crainte de voir le reste de l'activité économique de nouveau subir un coup de frein ou s'arrêter est bien présente. En Île-de-France, l'une des régions les plus touchées par cette troisième vague de l'épidémie, quel serait l'effet d'un nouveau confinement ? 

Les deux premiers ont déjà eu un fort impact : dans une note de conjoncture publiée début mars, la Chambre régionale de commerce et d'industrie indiquait que l'épidémie de Covid-19 a provoqué la perte de 95 000 emplois privés. "Un confinement, c'est une catastrophe économique, sociale et psychologique", alerte son président, Didier Kling. "Paris, ce n'est pas toute la France, mais la France a besoin de Paris. Donc il faut être prudent sur les mesures, trouver le juste chemin et je reconnais qu'il est étroit", dit-il à France Inter. 

Première région économique du pays (et probablement de l'Europe à 27), le territoire francilien est un véritable moteur pour la France, comme en témoignent ces indicateurs. Un moteur que personne ne souhaite voir s'arrêter.  

Petite région mais poids lourd économique 

  • 31% du Produit intérieur brut national

Si, en terme de superficie, elle n'occupe que 2% du territoire et n'est que la deuxième région en terme de population, l'Île-de-France est sans doute celle qui produit le plus de richesses. Avec un PIB de plus de 700 milliards d'euros, la région francilienne représente près d'un tiers de l'économie française, précisément 31% du PIB national. "C'est plus que certains pays européens entiers", insiste un économiste de la CCI Île-de-France. 

  • Un quart de l'emploi salarié en France

Avec 5,9 millions d'emplois salariés, dont 4,7 millions dans le privé, l’Île-de-France représente 23,4 %  de l’emploi salarié français. Le secteur tertiaire représente plus de 80% de l'emploi. 

  • 1,16 millions d'entreprises

La région Île-de-France compte plus de 1,16 millions d'entreprises, à l'heure actuelle, d'après la CCI Île-de-France. C'est environ deux fois plus qu'en Auvergne-Rhône-Alpes, deuxième région la plus dynamique sur ce point. 28 des 500 plus grandes entreprises mondiales du classement Fortune Global 500 ont leur siège dans la région Paris-Île-de-France. 

Tout dépend du type de confinement 

Difficile d'imaginer un arrêt total, à l'image de celui que l'on a connu au printemps 2020. C'était d'ailleurs l'une des raisons de ce confinement allégé appliqué à l'automne : hors de question de renvoyer tout le monde à la maison et d'interrompre l'activité économique. La même équation est aujourd'hui posée

"Le confinement total nous rappellerait ce que l'on a connu il y a un an, ce serait faire marche arrière et rappeler de mauvais souvenirs", estime Didier Kling, le président de la CCI Île-de-France qui préconise des mesures plus adaptées, "selon les lieux, fermés, ouverts, ventilés", citant le dernier avis du conseil scientifique "qui plaide pour des mesures plus qualitatives que quantitatives"

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