Depuis bientôt un mois, Alexandre*, 24 ans, est coincé aux Comores et ne peut pas rentrer à Mayotte. Il est pourtant de nationalité française et estime qu'il devrait pouvoir être rapatrié au même titre que n'importe quel ressortissant actuellement à l'étranger.

Alexandre aimerait pouvoir rentrer à Mayotte et retrouver sa compagne Juliette.
Alexandre aimerait pouvoir rentrer à Mayotte et retrouver sa compagne Juliette. © Getty

Alexandre*, 24 ans, est coincé aux Comores depuis bientôt un mois en raison de la fermeture des frontières du département d'outre-mer de Mayotte le 18 février et du reconfinement de l'île française depuis le 5 février. Diplômé en urbanisme, ce Français était venu de métropole début janvier pour rejoindre sa compagne, Juliette*, infirmière à Mayotte dans une structure dédiée à la petite enfance, depuis la rentrée de septembre. 

À la faveur d'une période de congés, le couple s'est rendu aux Comores pour huit jours, avant d'y être bloqué. Si Juliette a pu embarquer au bout de 15 jours sur un bateau pour Mayotte, le jeune homme est lui toujours sur place. Il attend une réponse des autorités françaises pour être rapatrié, au même titre que n'importe quel ressortissants qui souhaitent retrouver le sol français

Un mois dans un Airbnb

Après la fermeture des frontières de Mayotte, en raison de la présence du variant sud-africain sur le territoire, le couple s'est retrouvé mis devant le fait accompli, bloqué, sans pouvoir utiliser les billets retour. Au bout de 15 jours, Juliette a donc pu embarquer sur un bateau pour rejoindre le sol mahorais avec 16 autres personnes résidant à Mayotte.  

Mais Alexandre, testé positif lors du nécessaire test PCR (effectué dans la gorge et qu'il soupçonne être un faux positif) a été contraint de rester sur place. Un second test, réalisé deux jours plus tard via la Croix Rouge, le déclarera finalement négatif. Hébergés à l'hôtel dans le cadre de leur séjour, Juliette et Alexandre avaient dû emménager dans un Airbnb. Alexandre y séjourne toujours actuellement. Il reste confiné pour limiter les risques de transmissions et éviter toute contamination, pouvant réduire à néant ses chances d'être rapatrié.

Depuis, rien ne bouge

Malgré des échanges avec l'ambassade de France aux Comores, qui "répond bien" aux questions et avec qui les échanges sont réguliers, "tout est bloqué" du côté des autorités à Mayotte. Contactée par France Inter, la préfecture n'a pas donné suite à notre sollicitation. 

"C'est beaucoup de frustration de ne pas comprendre pourquoi on ne peut pas embarquer sur un bateau malgré un test PCR négatif", regrette Alexandre. Selon lui, près de 150 personnes de nationalité française sont coincées aux Comores. "On ne comprend pas qu'un Français bloqué à l'étranger n'ait pas le droit de rentrer. Ça se fait en métropole mais pas à Mayotte", ajoute sa compagne. 

Situation critique à Mayotte

Actuellement, la situation sanitaire à Mayotte est très inquiétante, avec un taux d'incidence au-delà de 800 cas de Covid pour 100 000 habitants, comme nous le soulignions dans un précédent article. Le 16 janvier, le préfet avait d'abord fermé les frontières et suspendu les liaisons aériennes et maritimes, en raison de la présence du variant sud-africain. Puis mis en place, le 21 janvier, un couvre-feu. Avant la décision gouvernementale de reconfiner l'île, le 5 février

Par ailleurs, jeudi, les ministres de l'Intérieur et des Outre-mer ont annoncé le renfort d'une trentaine de policiers et gendarmes jusqu'à l'été pour faire respecter le confinement et lutter contre l'immigration clandestine depuis... les Comores.