Faut-il rouvrir les commerces dits non-essentiels ? Plusieurs députés dénoncent une "distorsion de la concurrence" entre les commerces de proximité. Pour faire bouger le gouvernement, des maires ont pris des arrêtés autorisant les commerçants à ouvrir leurs boutiques.

Plusieurs élus réclament l'ouverture de plus de commerces de proximité en centre-ville, fermés suite au confinement
Plusieurs élus réclament l'ouverture de plus de commerces de proximité en centre-ville, fermés suite au confinement © Radio France / Marc Bertrand

Le décret, publié le 29 octobre par le Journal officiel, a détaillé les commerces autorisés à ouvrir pendant ce nouveau confinement. Ceux qui doivent garder porte close, les commerces déclarés "non essentiels", dénoncent une "concurrence déloyale" et sont soutenus par des élus, y compris de la majorité, et des associations d'élus comme l'Association des maires de France (AMF) qui considèrent que la décision du gouvernement met en "danger l'existence même" des commerce de centre-ville et réclament l'ouverture de davantage de commerces de proximité.

Le débat s'invite au sein même de la majorité

Parmi ces élus, l'ancien ministre de l'agriculture et député LREM, Stéphane Travert, a écrit au Premier ministre pour dénoncer "une distorsion de concurrence avec la grande distribution et les plateformes numériques". La vice-présidente du groupe LREM Sophie Beaudouin-Hubière a écrit, elle aussi, à Jean Castex pour dénoncer une "décision d'autant plus injuste que les règles de distanciation ont été bien respectées" dans ces commerces.

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Des arrêtés de réouverture  

D'ores et déjà, certains maires ont annoncé avoir pris des arrêtés autorisant l'ouverture des commerces non alimentaires. C'est le cas de Gilles Platret à Châlon-sur-Saône, 45.000 habitants.

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C’est aussi ce qu'a choisi de faire le maire de Migennes, une ville de 7 000 habitants à 20 km d'Auxerre. François Boucher, inquiet pour ses commerçants, les autorise à rester ouverts. "Quand on sait que les supermarchés, hypermarchés qui composent notre ville vendent tous les produits qui sont vendus en centre-ville, il était logique que je réagisse pour rétablir l'égalité entre les différentes formes de commerce et pour éviter une pratique déloyale qui est contraire au code du commerce, explique l'élu. Depuis quelque temps, l'État français prend des libertés que nous les élus de terrain on a du mal à comprendre."

Même démarche de Patrick Proisy, maire de Fâches-Thumesnil, en banlieue de Lille ou de Justine Guyot, maire de Decize dans la Nièvre qui, dans son arrêté, autorise les commerces non alimentaires du centre ville à rester ouverts "jusqu'à ce que l'égalité de traitement soit rétablie avec les supermarchés et hypermarchés."

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Ces arrêtés sont illégaux rappellent les Préfectures. 

L'Association des Maires de France n'approuve pas cette forme de désobéissance civile, mais son secrétaire général, Philippe Laurent,  dénonce le manque de cohérence des mesures gouvernementales. "Lorsque vous avez une boulangerie et à côté un marchand de vêtements, la boulangerie peut ouvrir mais pas le marchand de vêtement, donc on a vraiment le sentiment qu'il y a soit une ignorance de la façon dont fonctionne ce pays, soit une iniquité très forte entre différents types de commerce. Il y a vraiment urgence à reconsidérer le système de confinement."

Philippe Laurent, pointe une autre contradiction : d'un côté, l'État soutien des programmes de revitalisation des centre-ville et de l'autre, il affaiblit les commerçants avec ces mesures de confinement. 

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