Pour ceux qui tournent comme les lions en cage, et pour tous les autres, pourquoi ne pas observer les oiseaux ? La LPO lance un nouveau programme de comptage des espèces "spécial confinement". Il suffit d’observer depuis son jardin, son balcon ou même de sa fenêtre.

Chardonnerets et moineaux friquet
Chardonnerets et moineaux friquet © Yves Vérilhac Lpo

Avec le confinement, un silence inhabituel s’est installé dans certains quartiers en ville, l’occasion de tendre l’oreille pour entendre le chant des oiseaux.  

C’est le moment ou jamais d’apprendre à faire la différence entre le gazouillis du rouge-gorge, de la mésange charbonnière, ou du merle. D’autant qu’en cette période où la nidification commence, les oiseaux chantent à tue-tête. 

"Dans cette période de crise grave, justement il faut qu’on trouve des réconforts, du plaisir" estime Yves Vérilhac directeur général de la Ligue de protection des oiseaux, "et peut-être faut-il en profiter pour faire ce qu’on ne fait pas en temps normal, c’est-à-dire à s’intéresser à ce qui nous entoure".  

Vous aussi soyez "Confinés mais aux aguets"

La Ligue de protection des oiseaux relance son programme de sciences participatives de comptage des espèces, rebaptisé pour l’occasion "Confinés mais aux aguets". Merles, corneilles, moineaux, mésanges, il suffit de s’installer dans son jardin, sur son balcon et même à la fenêtre pour les observer :  

"Si vous avez deux rouges-gorges dans votre jardin, vous notez, vous attendez, vous observez pendant une heure, vous allez voir, il se passe toujours quelque chose quand on regarde la nature, on ne s’ennuie jamais" assure Yves Vérilhac. Ce passionné d’ornithologie observe les oiseaux depuis l’âge de 10 ans.

En fonction de la couleur et de la forme, il sait reconnaître le moindre oiseau comme d’autres savent distinguer un modèle de voiture d’une autre de loin : "Est-ce que l’oiseau que vous observez est seul ou en groupe ? Par terre ou dans un arbre ? A-t-il un gros bec, auquel cas, c’est un granivore comme un verdier ou un chardonneret ? Si le bec est très fin c’est insectivore". Si l’oiseau se pend par les pattes la tête en bas, c’est typique de la famille des mésanges. Et même les pigeons des villes sont dignes d’intérêt insiste-t-il : "Le pigeon des monuments, le pigeon biset est un ancien oiseau sauvage des falaises" s’il s’est si bien adapté à la ville explique le directeur de la LPO, "c’est parce qu’elle est minérale, ça fait un peu comme un effet de falaise". 

Ce comptage d’oiseaux, qui n’était pas programmé à l’origine, sera néanmoins utile à la LPO pour collecter un maximum de données.  L’association espère aussi sensibiliser le grand public pour le prochain comptage officiel. Plus il y a de gens qui participent et s’intéressent plus on protégera la nature et ces oiseaux dits "communs" dont les populations sont en chute libre. 

Comme tout le milieu associatif, la Ligue de protection des oiseaux doit aussi s’adapter au Covid-19. Un tiers de ses salariés est au chômage technique, ses centres de soins de la faune sauvage sont fermés au public et les opérations d’inventaires sur le terrain, pourtant si cruciales en cette période d’arrivée du printemps, sont suspendues. 

> LPO, Confinés mais aux aguets 

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