"Il est beaucoup plus facile de passer de 20 000 à 5000 cas par jour que de passer de 40 000 à 5000 cas", souligne l'épidémiologiste.

Les rues de Paris se sont vidées pendant le confinement.
Les rues de Paris se sont vidées pendant le confinement. © Maxppp / IP3 / Vincent Isore

Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal l'a affirmé mercredi, il n'y aura pas d'évolution des restrictions nationales cette semaine. L'exécutif veut encore "laisser sa chance" au dispositif de couvre-feu à 18h instauré dans tout le pays la semaine dernière. Statu quo donc. Pourtant, l'hypothèse du reconfinement parait pour certains  incontournable à moyen terme : pourquoi pas tout de suite et pour au moins six semaines, s'interroge l'épidémiologiste Mahmoud Zureik, partisan d'une solution radicale immédiate. 

Sur son compte Twitter, ce professeur de Santé publique à l'université de Versailles-Saint-Quentin pose la question : 

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"La question qu’on se poserait a posteriori : quel était le moment idéal pour annoncer le troisième confinement ? Très probablement jeudi dernier. Éventuellement ce jeudi et c’est certainement mieux que le jeudi après !", ironise-t-il. 

Pour lui, vu la dynamique de ce plateau élevé de contaminations qui augmente, les variants qui s'en mêlent, c'est maintenant qu'il faut agir et frapper fort : plus on attend plus ce sera compliqué, insiste-t-il. "C'est beaucoup plus facile de passer de 20.000 cas par jour à 5.000 cas que de passer de 40.000 cas à 5.000 cas", justifie Mahmoud Zureik.  

Fermer les écoles ?

Frapper fort, c'est aussi fermer les écoles, sans états d'âme, quitte à raccourcir les vacances d'été s'il le faut. "Une grande étude chinoise a montré que les enfants, les ados, les jeunes adultes de moins de 20 ans transmettent plus le virus que les autres", avance-t-il. 

Un reconfinement total pendant six à huit semaines, comme en mars dernier ? C'est dur, mais, au bout, la sortie sera beaucoup moins fragile qu'au printemps dernier assure Mahmoud Zureik : "Cette fois-ci, avec les mêmes efforts, on devrait sortir pour de bon du tunnel, car une part importante des personnes fragiles seront vaccinées." 

Bref, il faut selon lui sortir du "stop and go" actuel qui use les nerfs, pour enfin revivre normalement en avril. Mais "je suis médecin, pas politique", concède le professeur, qui sait aussi ce que coûte à tous égards, économiques et psychologiques, la solution du reconfinement.