Au moins 400 000 marins, dans le monde, seraient coincés sur leurs navires, faute de pouvoir rentrer chez eux. Une partie d'entre eux ne pouvait pas circuler. L'Onu vient d'adopter une résolution les reconnaissant comme "travailleurs essentiels", au même titre que les travailleurs de santé.

Le grand port maritime de la Réunion
Le grand port maritime de la Réunion © Maxppp / Jacky Schoentgen

Le grand port maritime de la Réunion est le seul de la région à ne pas avoir fermé ses portes aux marins. Depuis juillet, au large, un long défilé de porte-containers attendent de pouvoir changer d'équipage. "Depuis l'aéroport, il y a un corridor : on emmène les marins jusqu'à la gare maritime, où une vedette qui va au large, pour qu'ils montent à bord des bateaux.", explique Alain Djeutan, qui dirige le centre d'accueil des marins. 

Un corridor sanitaire organisé dans tous les ports de France, car il y a urgence à sortir des marins qui ont largement dépassé leur temps maximum : "J'ai rencontré des marins qui ont fait, pour certains, 14 mois en mer, explique-t-il, alors qu'en général on fait huit, parfois neuf mois". Dans de nombreux cas, les armateurs des navires gardent à bord les marins, faute de pouvoir changer d'équipage. 

Risques d'accidents et de pollution

Seuls 15 pays, dont la France, ont reconnu dès le premier confinement les marins comme des travailleurs essentiels. Désormais, les Nations-unies viennent donc d'adopter une résolution les reconnaissant comme "travailleurs essentiels", au même titre que les travailleurs de santé, pour éviter que des marins se retrouvent coincés à bord, interdits de circuler voire de traverser les frontières. 

Cette reconnaissance par les Nations unies, va désormais permettre de bloquer les navires récalcitrants, espère Corine Archambaud, inspectrice au Havre de l'intersyndicale mondiale ITF : "Dans beaucoup de pays on a décidé d'être ferme : par le principe du contrôle par l'État du port, les autorités qui reçoivent la visite d'un navire vont pouvoir imposer des restrictions". L'intersyndicale pointe des risques accrus d'accidents et de pollution en mer, si les marins, épuisés, ne sont pas rapidement relevés.