Sortir sans raison depuis le début du confinement en France peut coûter cher. 135 euros d’amende, voire 375 en cas de majoration. Une note pas si élevée que cela comparé au reste du monde.

Un contrôle dans les rues de Paris
Un contrôle dans les rues de Paris © AFP / AMAURY CORNU / HANS LUCAS

En cas de non-respect des consignes de confinement, la France ne fait pas partie des pays les plus stricts. À commencer par ses plus proches voisins, l’Italie et l’Espagne. Ceux qui ne respectent pas les restrictions risquent une amende de 206 euros en Italie et jusqu’à 3 mois de prison. Si un porteur du virus se balade dans la rue et est testé, c’est même 12 ans de prison. En une semaine, plus d’un million de contrôles ont été effectués et 50.000 personnes sanctionnées, d'après le ministère italien de l'Intérieur.

En Espagne, c’est entre 100 et 600 euros d’amende et jusqu’à 1 an de prison. Les premières condamnations sont tombées vendredi. L’amende peut même atteindre 30.000 euros en cas de désobéissance à l’autorité, refus de s’identifier ou fausse information sur son identité.

L’Autriche va plus loin encore. Si plus de 5 personnes se regroupent, c’est minimum 2000 euros et jusqu’à 3.600 si quelqu’un brave l’interdiction de ne pas entrer dans des aires de jeux par exemple. Quant aux restaurants qui tenteraient d’ouvrir malgré le confinement, ils devront s'acquitter d'une amende de 30.000 euros.

En Norvège, c’est la problématique des habitants des villes qui fuient dans leur résidence secondaire. Pour éviter de submerger les capacités sanitaires des petites communes, c’est désormais interdit. Plus de confinement dans les chalets en montagne. Tous les habitants doivent rentrer dans leur résidence principale, sinon c’est 1.250 euros d’amende et 10 jours de prison en cas de résistance.

Aux États-Unis, la Californie a imposé le confinement cette semaine. Ceux qui ne le respectent pas risquent 1.000 dollars d’amende, soit 930 euros.

En Asie, la chasse aux porteurs du virus

C’est en Asie que les mesures sont les plus drastiques, notamment à Taiwan, Singapour et Hong Kong. Trois zones qui ont réussi à dompter l’épidémie.

À Honk Kong, les personnes qui arrivent de l’étranger doivent désormais porter un bracelet électronique. Les autorités vérifient en temps réel où elles se trouvent. 5.000 bracelets sont prêts et 50.000 sont en commande.

À Taïwan, les habitants en quarantaine, car porteurs du virus, ont un smartphone avec GPS fourni à la police, relié à l’application de messagerie Line. S’ils sortent de chez eux, ils risquent 30.000 euros d’amende et la publication de leurs noms.

Une pratique déjà utilisée à Singapour. Les autorités suivent étroitement les mouvements des personnes infectées, publient leurs adresses, les surveillent, reconstituent leur déplacements avant leur confinement. Des enquêteurs spéciaux ont été affectés à cette tâche. Les contrevenants risquent 6.000 euros d’amende et six mois de prison.

Cela soulève des questions sur le respect de la vie privée. Human Rights Watch, interrogé par l’AFP s’inquiète : "les situations d'urgence sont souvent la meilleure occasion de subvertir les principes démocratiques", explique Maya Wang, une spécialiste de la Chine chez HRW.

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