Dans l'Oise et le Morbihan, de nombreux établissements ont été contraints de fermer leurs portes en raison de plusieurs cas de coronavirus confirmés dans leur commune. Des milliers d'élèves vont devoir suivre des cours à distance, sur une plateforme en ligne.

Les plus jeunes devront être accompagnés d'un adulte pour utiliser la plateforme.
Les plus jeunes devront être accompagnés d'un adulte pour utiliser la plateforme. © AFP / Rainer Holz / Image Source

Le ministère de l’Éducation nationale et le Centre national d'enseignement à distance (Cned) ont mis en place un dispositif pour les enfants empêchés de venir en classe, soit parce que leur établissement est fermé en raison des risques de contagion du virus, soit parce qu'ils présentent des symptômes de maladie et font l’objet de confinement. 

"Les élèves continuent à apprendre, mais chez eux, via ce que leur professeur leur envoie par messagerie, sur l'espace numérique de travail [ENT, ndlr], ou bien encore via la plateforme du Cned", explique Edouard Geffray, directeur général de l'enseignement scolaire. 

Une plateforme en ligne

La plateforme "Ma classe à la maison" contient des ressources pédagogiques qui correspondent aux éléments du programme du premier et du deuxième trimestres et se déploient sur quatre semaines. Cinq jours par semaine, un programme correspondant à trois ou quatre heures de travail et réparti en plusieurs séances sera proposé aux élèves. Ils passeront au préalable un quiz afin que l’interface évalue leur niveau.

Un exercice d'anglais niveau CM2 sur la plateforme en ligne.
Un exercice d'anglais niveau CM2 sur la plateforme en ligne. / Capture d'écran / Cned

"C'est une plateforme d'apprentissage qui permet soit de réviser ce qu'on a déjà vu, soit d'apprendre des choses nouvelles avec des parcours pédagogiques complètement adaptés", détaille Edouard Geffray, directeur général de l'enseignement scolaire (Dgesco).

Une classe virtuelle

À côté de ces activités en autonomie, "une continuité du lien humain sera assurée via un dispositif de classe virtuelle", précise Edouard Geffray. Ces classes virtuelles prendront la forme de visioconférences. Elles sont créées par les professeurs et un lien est envoyé aux élèves pour qu’ils s’y connectent. Des contenus de tous types peuvent y être partagés (audio, vidéo, tableau blanc sur lequel l’élève ou le professeur peut intégrer des formes etc.).

Concrètement, ces classes virtuelles "permettent aux professeurs et aux élèves d’interagir comme dans une classe, sauf que c'est par écrans interposés. L'élève peut compléter un tableau en direct, répondre à ses camarades, lever le doigt, poser une question, travailler sur un document etc., décrit Edouard Geffray, cela permet d'interroger l'élève en direct et de voir s'il a compris tel raisonnement et comment il répond". L’élève peut demander la parole à son enseignant qui lui ouvre son micro.

Pour ce qui est de l'organisation de ces classes, ce sera au chef d'établissement de les planifier "pour faire en sorte que le professeur de français et le professeur de mathématiques n'ouvrent pas tous les deux la classe virtuelle au même moment", précise le directeur général.

Qui peut y accéder ?

Cette plateforme dispose de contenus pour les élèves, de la grande section jusqu'au bac de filière générale ou technologique, situés dans des départements où des foyers d’épidémie ont été repérés, provoquant la fermeture des écoles et des établissements. Pour les plus petits, scolarisés en début de primaire, il faut une présence parentale pour les accompagner. "Mais pour les plus grands, on est vraiment sur du travail en autonomie, avec ensuite l'interaction avec le professeur, y compris via la classe virtuelle", poursuit-il.

Dans l'Oise, environ 27 000 élèves sont concernés et ont accès à la plateforme en ligne depuis lundi. Les 9 000 élèves concernés dans le Morbihan y ont accès depuis mardi. "Il y a moyen d'avoir 6 millions de connexions simultanées sur la plateforme", informe Edouard Geffray, sachant que la France comptabilise 12 millions d’élèves de la maternelle au lycée. 

À l'avenir, il annonce que "tout élève en France qui se trouverait un jour dans cette situation où son établissement est fermé pourra avoir accès à cette plateforme en direct". "Si ça devait prendre des proportions plus importantes, on serait capable de déclencher de l'enseignement à distance massif ", a d'ailleurs garantit le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, au micro de France Inter.

Comment se connecter ?

La plateforme est accessible gratuitement sur un ordinateur, une tablette ou un smartphone. C’est le directeur d’école ou le chef d’établissement qui communiquera l’adresse et les modalités d’inscription aux élèves pour se connecter. Chaque élève aura son propre compte, associé à une adresse mail et un mot de passe.

Page de connexion à la plateforme "Ma classe à la maison".
Page de connexion à la plateforme "Ma classe à la maison". / Capture d'"cran / Cned

Est-ce obligatoire ?

"C'est la responsabilité de l'enseignement d'assurer la continuité pédagogique et de veiller à ce que ses élèves suivent le programme et des enseignements proposés", assure Michel Reverchon-Billot, directeur général du Cned. Autrement dit, ça n'est pas obligatoire, d'autant que certains élèves peuvent ne pas disposer d'un ordinateur ou d'internet, et certains parents peuvent avoir des difficultés à accompagner leurs jeunes enfants. Mais les professeurs seront sans doute vigilants sur la participation des élèves qui sont en mesure de suivre les cours.

Encore faudra-t-il qu'ils soient formés au fonctionnement de cette plateforme et de la classe virtuelle. Pour prendre en main cet outil, les enseignants bénéficieront de documents d’accompagnement, ainsi que d’une formation à distance sur les aspects techniques et pédagogiques. "On a mis en place des tutoriels (...) pour comprendre comment ça fonctionne sur le plan technique et pédagogique, puisque la relation est un peu différence", développe Michel Reverchon-Billot.

Ce dispositif est-il nouveau ?

Cette plateforme n'est pas nouvelle. "Ça fait plus d'un mois que l'on travaille sur ce sujet, dans une logique de préparation à une situation qui pourrait évoluer", indique Gabriel Attal au micro de France Info. Des cours à distance qui ont d'ailleurs déjà "un peu commencé", selon le secrétaire d'État, puisque "dans certains pays étrangers, des élèves des lycées français qui ne peuvent pas se rendre au lycée suivent leurs cours à domicile". En Chine, environ 2 000 élèves d'établissements français en bénéficient déjà

De plus, "au Cned nous avons les contenus puisque nous scolarisons des élèves de la grande section jusqu'à la terminale", explique Michel Reverchon-Billot, qui se veut rassurant : "On a plutôt des retours des chefs d'établissement des enseignements très satisfaits de pouvoir s'appuyer sur ce dispositif".

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.