Chute drastique des annonces au mois de mars, métiers très touchés comme les serveurs et les réceptionnistes : une enquête du groupe Randstad montre l'impact de la crise du coronavirus sur les offres d'emploi. Et leur lente reprise.

Certaines offres d'emploi ont chuté lors du confinement.
Certaines offres d'emploi ont chuté lors du confinement. © Getty / EschCollection

C'était attendu, mais les chiffres sont vertigineux. Entre le 28 février et le 20 mars 2020, le nombre d'offres d'emploi en France a été divisé par deux, révèle une étude publiée ce mercredi par Randstad, le plus grand groupe de services en ressources humaines au monde. Il a passé au peigne fin plus de 11 000 sites de recrutement. Constat : sur la seule semaine du 16 mars, lors de l'instauration du confinement pour les Français, le nombre d'annonces d'emploi a fondu de 45%, passant de 136 000 à 75 000. 

Avant de remonter progressivement, comme le montre ce graphique : 

Les offres d'emploi qui s'en sortent le mieux...

Évidemment, tous les métiers ne s'en sont pas sortis de la même façon. Ainsi, les offres d'emploi concernant les techniciens de maintenance, les agents immobiliers et les infirmiers ont fait partie du trio de tête des profils les plus recherchés par les employeurs durant la crise du coronavirus. 

On comprend pour les soignants et les techniciens de maintenance, mais pourquoi les agents immobiliers ? Tout simplement car "le secteur semble anticiper une nouvelle configuration du marché immobilier, notamment sous l’effet de l’adoption du télétravail et des effets du confinement", avance Randstad. Ci-après, le top 10 des offres d'emploi en avril 2020 (avec leur évolution par rapport à avril 2019) : 

... et les offres d'emploi touchées de plein fouet par la crise

À l'inverse, certaines offres d'emploi ont moins résisté à cette période de crise sanitaire. Les enquêteurs, les professeurs / formateurs et les serveurs sont les trois métiers qui en ont le plus pâti. Les enquêteurs ont payé le prix d'une économie à l'arrêt, peu propice aux enquêtes d'opinion. Pas de surprise du côté des professeurs et des serveurs, avec les établissements scolaires fermés et les cafés et restaurants à l'arrêt. Pour ces offres d'emploi en chute libre, Randstad a évalué les baisses en pourcentage au mois d'avril, comparé au mois de mars : 

Des besoins différents selon les régions

Niveau offres d'emploi pendant la crise, toutes les régions n'ont pas non plus été logées à la même enseigne, révèle Randstad. Dans sept régions, ce sont les techniciens de maintenance qui ont été les plus demandés. Dans les Hauts-de-France, les agents immobiliers. En Ile-de-France, les développeurs informatiques.

Passez votre souris sur la carte pour voir quels métiers ont été les plus demandés dans votre région durant la crise sanitaire :

Le temps de la (lente) reprise 

Et quid des offres d'emploi post-crise, lors du déconfinement ? La reprise se dessine, note Randstad, qui prévient tout de même : cette reprise sera "très progressive". Pour essayer d'anticiper quels seront ses contours, l'étude s'est notamment penchée sur la dernière semaine du mois d'avril.

C'est le secteur de la production d’énergie (le gaz et l'électricité) qui paraît repartir le premier, comme en témoignent les chiffres : 807 offres publiées sur la dernière semaine d’avril, soit 92% de demandes en une semaine. Le secteur du commerce de proximité ne s'en sort pas trop mal non plus, avec un accroissement de 57% des offres d’emploi. Hausse équivalente ( 55%) pour le commerce de gros. 

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