En raison de la suspension des principales compétitions sportives en Europe, les sites de paris sportifs ont enregistré une importante mais logique baisse de trafic. Heureusement pour certains opérateurs, les tournois de poker en ligne connaissent une croissance fulgurante.

Seul le championnat de football de Biélorussie est encore ouvert aux paris sportifs
Seul le championnat de football de Biélorussie est encore ouvert aux paris sportifs © Radio France / Lisa Guyenne

Miser sur la rencontre entre le Slavia Mozyr et le Bate Borisov ou encore sur le derby entre les clubs de Minsk en championnat de Biélorussie : voilà à quoi en sont réduits les accros des paris sportifs depuis les suspensions des principales compétitions sportives en Europe. 

"Tout a fini par s'arrêter"

"Je le prends comme si on se trouvait en pleine trêve estivale", se console Anthony qui ne se considère pas comme un gros parieur mais qui, chaque mois, jouait entre 200 et 300 euros sur des rencontres de Ligue 1 et de championnats étrangers. "J'allais même jusqu'à jouer parfois sur des matches de tennis, mais là, il n'y a vraiment plus rien à part le championnat biélorusse. Mais comme je ne m'y connais pas trop, je ne mise pas dessus."

Les opérateurs ont vu leur volume de jeu diminuer au fur et à mesure que les compétitions étaient suspendues. "C'est allé crescendo car toutes les ligues ne se sont pas arrêtées d'un coup", explique Tristan Guiglini, responsable des paris sportifs chez Winamax. "On a longtemps continué avec les championnats de football russe, ukrainien et australien. Il y avait aussi le championnat de volley-ball russe. Et puis, tout a fini par s'arrêter. On est passé de 50% des mises, à 20%, à 10%. Et aujourd'hui, nous n'avons plus que le championnat de Biélorussie à partir du vendredi. Donc en milieu de semaine, nous n'avons aucune activité sur le football."

"On est entre 90 et 95% de baisse"

Avant la suspension des championnats majeurs, les paris sportifs généraient 97 millions d’euros de mises en moyenne chaque semaine en France. Ces volumes sont aujourd'hui en chute libre. "Si l'on compare avec la même semaine de l'année dernière, on est entre 90 et 95% de baisse", remarque Charles Coppolani, président de l'ARJEL, l'Autorité de Régulation des Jeux en Ligne. "On est très très loin de ce que l'on constate en activité normale." 

Certains opérateurs ont dû se résoudre à mettre une partie de leurs employés en chômage partiel tant que les compétitions sportives resteront à l'arrêt. Mais pas tous. Ceux qui proposent des tournois de poker en ligne sont toujours mobilisés. "En France, il y a trois jeux qui sont autorisés en ligne : les paris sportifs, les paris hippiques et le poker", poursuit Charles Coppolani, "et le poker ne souffre pas de cette situation, bien au contraire. Il y a même eu un engorgement de joueurs en ligne le week-end dernier."

Le poker sauve la mise

Tristan Guiglini de Winamax a constaté également un intérêt fulgurant pour les tournois de poker en ligne. "On a la chance de proposer les deux activités et le poker atténue bien la baisse complète de l'activité des paris sportifs. Il y a des clients qui n'étaient pas chez nous et qui s'inscrivent depuis quelques jours pour jouer au poker. C'est un loisir d'intérieur donc on attire des gens durant cette période de confinement."

Hors période de confinement, Winamax ne créait quotidiennement qu'une dizaine de tournois en ligne. Depuis le début du confinement, l'opérateur en met en place près de 4 000 parties par jour avec 10 joueurs par partie en moyenne ! "Il y a notamment une fonctionnalité qui est très à la mode en ce moment, ce sont les tournois privés. Les joueurs ont la possibilité de créer un tournoi avec un mot de passe, d'inviter des amis à eux et de ne jouer qu'avec des gens qu'ils connaissent. C'est une activité socialisante. Avant, on voyait ses amis pour autre chose ou on faisait des parties de poker en physique. En ce moment, on se reporte sur cette activité-là pour continuer à avoir une interaction avec ses amis." 

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