Créée en février 2018 pour répondre aux questions des internautes, la brigade numérique de la Gendarmerie nationale a vu le nombre de sollicitations grimper en flèche depuis le début du confinement, notamment en raison des interrogations sur les possibilités de déplacement.

Plutôt que de se déplacer dans les locaux de la brigade de gendarmerie, les gens peuvent contacter des agents directement sur internet.
Plutôt que de se déplacer dans les locaux de la brigade de gendarmerie, les gens peuvent contacter des agents directement sur internet. © Radio France / David Di Giacomo

Jusque-là, ils étaient plutôt habitués aux questions sur le recrutement, ou aux signalement de faits inhabituels. Mais depuis le début du confinement, les gendarmes de la brigade numérique sont devenus des experts es-attestation de déplacement."Nous étions à 250 demandes quotidiennes. Aujourd'hui, nous sommes à à peu près 2.000. Nous avons multiplié notre volume de demandes par huit ", constate le capitaine Patrice Georget, commandant de cette brigade numérique.  

Pour joindre le service, il suffit de cliquer sur la bulle de discussion (aux points de suspension bleu-blanc-rouge) qui apparaît en bas à droite du site internet de la gendarmerie nationale. Contrairement à une idée reçue, ce n'est alors pas un algorithme, un bot qui répond aux particuliers, mais bien des militaires issus du terrain. Des femmes et hommes dont les effectifs ont été adaptés à la forte hausse des sollicitations : alors que, habituellement, ce service, dont le siège se trouve à Rennes, compte une vingtaine de gendarmes, ils sont actuellement 70 à répondre aux nombreuses questions des internautes.

"Les demandes des usagers sont très variables et concernent malgré tout essentiellement le sujet du Covid-19", explique Patrice Georget. "et notamment les soucis qui sont liés au confinement et aux déplacements des usagers. À titre d'exemple, des usagers se posent la question de savoir s'ils peuvent sortir sous certaines conditions, pour aller visiter une personne de leur entourage sur une distance plus ou moins longue, pouvoir faire des démarches pas forcément administratives, mais qui présentent un intérêt pour eux, récupérer des enfants lorsqu'il y a des situations de garde alternée... "  

Violences intrafamiliales

La brigade note également une hausse des sollicitations concernant de possibles violences intrafamiliales : "La brigade numérique va prendre en compte la demande de l'usager, lui donner une orientation, soit vers une association, soit lui conseiller de contacter le [numéro d'urgence] 17, si vraiment cette personne est dans une situation d'urgence, ce qui arrive rarement. La brigade numérique va prendre en compte les éléments et déclencher une intervention, si effectivement, il y a une réelle urgence ou une suspicion de violence immédiate. Elle peut également recueillir les informations qui sont liées à la situation et transmettre transmettent ces éléments à un service d'enquête pour qu'il puisse y avoir une suite judiciaire qui soit donnée, et, pourquoi pas, que l'auteur des faits incriminés puissent être entendu dans des délais rapides ".

" Il s'agit souvent d'un premier contact d'une victime qui souhaite avoir des renseignements parce qu'elle est dans l'hésitation, ajoute Maddy Scheurer, porte-parole de la Gendarmerie nationale. Elle souhaite dénoncer les faits qu'elle vit, mais elle n'ose pas, a peur des conséquences. Et, très souvent, pouvoir chatter avec un gendarme permet d'être rassuré sur la prise en compte de sa situation et va pouvoir encourager la victime à sortir de l'ombre et aller vers un dépôt de plainte."

La brigade numérique est joignable 24h sur 24, quel que soit le jour de la semaine, et le point de connexion internet dans le monde. Les militaires ont, par ailleurs, été formés pour intervenir dans plusieurs langues. 

Pas un service d'urgence

Ce canal de discussion a, avant-tout, une mission d'information, et n'a pas vocation à enregistrer d'éventuelles plaintes. Il peut, cependant, orienter vers les services concernés. De même, il est essentiel de prendre en compte le fait que la brigade numérique n'est pas un service d'urgence, tels que le 17 ou le 112, comme le souligne Maddy Scheurer : "La brigade numérique répond à des questions et effectue des mises en relation. Elle oriente, elle conseille. Elle n'est pas là pour répondre à des sollicitations urgentes. Néanmoins, il arrive qu'elle soit saisie pour des faits urgents. Dans ce cas, elle se retourne vers le centre opérationnel de la gendarmerie, c'est à dire le centre opérationnel du lieu de domicile de la personne qui va la saisir de façon à pouvoir relayer l'information. Cette information sera prise en compte par une patrouille qui interviendra ". Ces urgences peuvent également être relayées vers les secteurs qui dépendent de la police nationale.

Mais, pour l'heure, les gendarmes se retrouvent donc face à des urgences relatives, à l'image de cet internaute soucieux de savoir s'il pouvait aller nourrir ses serpents se trouvant hors de son lieu de confinement, ou cet autre interlocuteur qui espérait pouvoir rejoindre son amoureuse, malgré les mesures sanitaires.

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