Si des équipes, ici et là, se prévalent d'avoir trouvé des traitements prometteurs sur le coronavirus, aucun d'entre eux encore n'a fait ses preuves, a averti l'Organisation mondiale de la santé. Mais partout dans le monde, les chercheurs sont au travail. Des pistes sont à l'étude, et certaines, déjà expérimentées.

 Les touristes asiatiques portent des masques de protection Rue de Rivoli
Les touristes asiatiques portent des masques de protection Rue de Rivoli © AFP / EMMANUEL FRADIN

Plus de 24 000 cas confirmés en Chine, 200 autres répartis à travers une vingtaine de pays : face à l'épidémie de coronavirus, les mesures de confinement se poursuivent. Pendant ce temps, les équipes de chercheurs sont à pied d'oeuvre pour trouver un traitement.

Plusieurs molécules à disposition

Pour l'instant, rien de probant. Alors dans l'urgence, on essaie tout bêtement avec ce qu'on a. Les infectiologues ne sont pas totalement démunis : ils ont plusieurs molécules à disposition. De l'Interféron, par exemple, qui dope le système immunitaire du patient. Il a longtemps été utilisé en France, notamment dans le traitement contre l'hépatite C, mais il est lourd d'effets secondaires très difficiles à supporter, et ne peut pas être donné à tout le monde. Il y a aussi la Ribavirine, qui bloque la réplication de certains virus.

Ils ont également des médicaments déjà utilisés en trithérapie VIH, comme le Kaletra. Produit par le laboratoire américain Abbott, celui-ci associe deux molécules antivirales, Lopinavir et Ritonavir. Sans oublier le Remdesivir, déjà éprouvé, lui, contre le virus Ebola. Avec tout cela, plusieurs stratégies sont déjà expérimentées, en France notamment, et en Chine a fortiori : on utilise le Kaletra seul, ou bien on l'associe par exemple à l'Interferon. 

S'il n'y a pas encore de résultats cliniques,la combinaison a déjà été testée sur le MERS, un autre coronavirus qui sévit au Moyen-Orient. Des traitements dits prophylactiques (préventifs) sont également à l'étude, pour empêcher les personnes ayant été en contact avec le virus de développer la maladie. L'association Kaletra et Ribavirine semble efficace pour le MERS, d'après le professeur Yasdan Yasdanpanah, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital Bichat, à Paris.

Une toxicité déjà connue

Avantage de ces molécules déjà connues : on ne part pas de zéro, on connait déjà leur toxicité. Les utiliser est donc plus aisé et rapide. Elles sont déjà données d'ailleurs en usage "compassionnel" aux patients les plus graves, même si leur efficacité sur le coronavirus n'a pas encore été démontrée par des essais cliniques d'envergure. Des essais que l'OMS encourage aujourd'hui très vivement à mener au plus vite. Parallèlement, d'autres approches sont à l'étude : utiliser des anticorps récupérés sur des patients déjà guéris, et s'en servir pour soigner les malades.

L'expérience acquise depuis 2003 et l'épidémie de SRAS est évidemment un atout. Entre le SRAS en 2003, et le MERS en 2014, la famille des coronavirus est mieux connue. Et la Chine, très touchée à l'époque du SRAS, dispose d'une certaine avance car elle a depuis accumulé une quantité de connaissances. Plusieurs virologues que nous avons contactés estiment d'ailleurs assez probable que la solution, si on la trouve dans les semaines à venir, vienne de Chine.

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