Le gouvernement a demandé jeudi la "déprogrammation immédiate des interventions chirurgicales non urgentes" afin de libérer des lits en réanimation, en salles de réveil et du personnel qualifié. Il s'agit de l'activation du niveau 2 du plan blanc pour les hôpitaux.

Au CHU de Nantes comme dans les autres hôpitaux les lits de réanimation vont devoir être libérés
Au CHU de Nantes comme dans les autres hôpitaux les lits de réanimation vont devoir être libérés © Maxppp / Franck Dubray

L'hôpital va devoir encaisser un afflux de malades inédit ces prochaines semaines. Comment pourra-t-il faire face ? Les personnels médicaux s'en sont inquiétés ces derniers jours, certains estimant même que l'hôpital n'était pas dimensionné pour un tel tsunami. D'où cette décision d'Emmanuel Macron jeudi soir : pour faire de la place dans les services de réanimation qui vont être particulièrement sollicités, il demande que l'on reporte les toutes les interventions chirurgicales non urgentes.

Avec ce virus, on le sait, 15% des malades vont avoir des formes graves et 5% des formes très sévères qui vont nécessiter une réanimation. On sait aussi que dans ce cas, la réanimation n'est pas l'affaire de quelques jours. Le patient doit y rester environ deux semaines. 

La France, à ce jour, dispose de 5 000 lits en réanimation. Quoi qu'il arrive, elle doit en garder une bonne partie pour les urgences habituelles : les AVC, les infarctus, les accidentés de la route (plus largement, tout patient avec une défaillance d’organe qui nécessite une suppléance). Elle doit en garder aussi pour la chirurgie des cancers, les ablations de tumeurs qui ne peuvent pas attendre. 

En revanche, tout ce qui n'a pas de caractère d'urgence, les interventions lourdes, sous anesthésie générale, qui vont demander une réanimation post opératoire, mais qui n'exigent pas une prise en charge immédiate vont être déprogrammées.

Cela libérera des lits, mais aussi du personnel, et du personnel, il en faut beaucoup en réanimation : deux infirmières pour cinq lits, c'est la règle, et c'est beaucoup plus que dans les autres services. Sont concernés par cette mesure tous les hôpitaux, et les cliniques. 

Avant même l'annonce d’Emmanuel Macron jeudi soir, certains avaient déjà entamé ces déprogrammations. Outre la réanimation, ces reports libéreront aussi de la place dans les salles de réveil, mobilisables si nécessaire elles aussi pour installer des malades.

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