Les SAMU sont aux premières loges de la lutte contre le coronavirus. Le nombre d'appels explose. Dans l'Oise par exemple, les médecins régulateurs sont débordés. Conséquence : les SAMU de Lille et Amiens récupèrent une partie des appels liés à ces cas de figures. Mais eux aussi ont besoin de renforts.

Dans les SAMU, le nombre d'appel explose depuis le début de la crise du coronavirus
Dans les SAMU, le nombre d'appel explose depuis le début de la crise du coronavirus © Maxppp / Thierry CREUX

Huit cents appels par jour au centre 15 d'Amiens en ce moment. C'est deux fois et demi de plus que d'habitude. Les délais de réponse commençaient à s'allonger dangereusement. C'est pour cette raison que le patron du SAMU Christophe Boyer a lancé - comme dans d'autres régions - un appel à l'aide. 

Les étudiants en médecine sont appelés à la rescousse à partir de la quatrième année. Ils sont nombreux à répondre présent. "On a déjà 50 étudiants qui ont répondu favorablement et plus d'une vingtaine d'internes de médecine générale" salue le médecin responsable du SAMU 80. Et cela tombe plutôt bien pour ceux dont les stages de médecine générale sont annulés dans l'Oise. "On leur avait dit de ne pas aller en stage depuis déjà quelques jours, et on leur a proposé d'aller au SAMU" raconte Gabriel Choukroune, doyen directeur de l'Université de médecine d'Amiens. "C'était sur la base du volontariat" poursuit-il, "et on a eu énormément de volontaires. Même chose pour les externes : on leur a dit 'une journée par semaine, on vous détache du service et vous pouvez aller aider au SAMU'."

Un passage bienvenu par le centre de régulation du SAMU

Clémence, en cinquième année, fait partie de la grosse cinquantaine d'étudiants qui a répondu. "On fait médecine pour le côté humain. Et en l'occurrence, le SAMU a besoin d'aide. La situation est un peu particulière en France. On se rend déjà compte qu'à l'hôpital public c'est compliqué. Mais là, avec cette vague du virus c'est encore plus difficile de gérer tout ça".

Pour Clémence et les autres étudiants en médecine, cette expérience offre aussi une découverte. Si les étudiants sont embarqués dans les ambulances durant leurs stages, ils ne passent jamais par la régulation du centre 15. "Il y a quand même beaucoup d'appels inquiets, nous sommes là pour rassurer les patients. Nous n'avons pas la personne en face, contrairement aux passages que nous faisons dans les services. Donc c'est nouveau pour nous". 

Les étudiants sont formés une demi-journée, dans une réplique exacte de la salle de régulation d'Amiens. "Des appels sont simulés et les étudiants sont entraînés d'abord à décrocher ces appels, à les saisir sur le plan informatique et évidemment a amener les réponses adaptées avec un algorithme de décision. Et ils sont épaulés" précise Christophe Boyer, le médecin responsable du SAMU d'Amiens. "Dans la salle de "corona" dédiée, il y a à chaque fois, un assistant de régulation médicale, et un médecin senior, pour pouvoir répondre aux difficultés que ces jeunes pourraient rencontrer. Comme ça c'est totalement sécurisé"

Ces étudiants sont intégrés au dispositif au moins jusqu'à la fin du mois de mars.

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