La France n'est pas la seule à subir une pénurie de masques. En Europe, les pays les plus touchés par l’épidémie de coronavirus sont eux aussi en manque d’équipements de protection, tout comme les États-Unis. La Chine, où aucun nouveau cas n'est apparu depuis deux jours, exporte désormais des masques.

Ligne de production de masques de protection en Allemagne.
Ligne de production de masques de protection en Allemagne. © AFP / Thomas Kienzle

À l’instar de la France, l’Italie, où le nombre de patients infectés par le Covid-19 a explosé, est confrontée à une pénurie de masques. Selon le ministre des Affaires étrangères Luigi Di Maio, 100 millions de masques devraient arriver de Chine dans les prochaines semaines tandis que 200 000 pièces destinées aux hôpitaux italiens sont bloquées depuis quinze jours par les douanes en Turquie.

En Espagne, deuxième pays européen le plus touché par le coronavirus, les professionnels de santé ont multiplié les appels ces dernières heures. Certains sont contraints d’utiliser deux voire trois fois le même masque à défaut d’en obtenir des neufs.

De l'autre côté de la Manche, en Grande-Bretagne, médecins et personnels de santé alertent sur le manque d’équipements de protection disponibles. Selon la BMA, l’association médicale britannique, certains soignants achètent des masques dans des magasins de bricolage en désespoir de cause.

Des bandanas pour se protéger… 

Outre-Atlantique, où l’épidémie n’en est qu’à ses débuts, le vice-président américain Mike Pence a fait savoir que les fabricants de masques allaient augmenter de dizaines de millions leur production. L’épidémie de grippe H1N1 avait déclenché une pénurie en 2009.

En attendant que les stocks se reconstituent, les autorités sanitaires américaines recommandent aux personnels de santé de porter un bandana ou une écharpe en dernier ressort pour se protéger. En témoigne un communiqué du CDC (Center for Disease Control and Prevention, l'agence fédérale qui est chargée de coordonner les efforts en matière de dépistage, de prévention et de lutte contre le virus, en date du 17 mars :

Dans les configurations où des masques ne sont pas disponibles, les personnels de santé peuvent en dernier recours utiliser des masques de fortune (bandana, écharpe, par exemple) pour les soins apportés aux patients porteurs du Covid-19.

Le Pentagone a annoncé de son côté qu'il allait fournier 5 millions de masques de protection aux militaires qui sont en contact direct avec la population. 

La Chine exportatrice

Si la Chine a réussi à contenir sur son sol l’épidémie de coronavirus, elle a néanmoins augmenté sa capacité de production à 130 millions de masques par jour, sachant que ses besoins quotidiens depuis le début de l’épidémie sont de 500 millions de masques. Pékin en a dores et déjà envoyé 1 million en France et fournit également d’autres pays européens dont l'Italie.

Légende : Chez Foxconn, Shenzhen, en Chine, on fabrique des masques dans certains ateliers d'où sortaient des smartphones.
Légende : Chez Foxconn, Shenzhen, en Chine, on fabrique des masques dans certains ateliers d'où sortaient des smartphones. © AFP / Liang Xu / Xinhua

Les habitants de Hong Kong, qui fut l’un des premiers territoires touchés quand la maladie a commencé à se propager hors de Chine continentale, envoient désormais des masques à leurs parents ou leurs proches qui vivent de l’autre côté du Pacifique.

Enfin au Yémen, des couturières ont redonné vie à la plus ancienne usine textile du pays pour confectionner des masques de protection. Si aucun cas n’a été pour l’instant enregistré, les autorités yéménites craignent la propagation du virus dans ce pays en guerre, confronté à une grave crise humanitaire et qui vit presque entièrement isolé en raison du blocus aérien imposé par la coalition conduite par l’Arabie saoudite.

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