Rentrée de Venise samedi, une famille parisienne se retrouve en quarantaine chez elle, après la progression de l'épidémie de Coronavirus en Italie. Les deux enfants de 8 et 10 ans ont dû quitter l'école... après y avoir passé une journée complète.

En Vénétie, plusieurs cas de coronavirus ont été détectés.
En Vénétie, plusieurs cas de coronavirus ont été détectés. © AFP / ANDREA PATTARO

À leur retour de Venise, samedi matin, après une nuit dans le train, cette famille parisienne n'imaginait pas se retrouver enfermée une bonne dizaine de jours dans son appartement. "Je m'ennuie un peu" confie Charles*, huit ans, en classe de CE2. Depuis ce mardi matin, l'école est suspendue pour lui et son frère, âgé de dix ans, après leur voyage en Italie, où sévit depuis la fin de semaine dernière l'épidémie de coronavirus.

Denis*, le père, qui travaille dans un grand groupe, était pourtant parti au travail lundi matin. C'est en racontant ses vacances à ses collègues qu'il a donné l'alerte. "Notre responsable de crise m'a signalé lundi à 18 heures que le ministère de la Santé recommandait d'observer une quarantaine", raconte-t-il, après l'explosion de cas de coronavirus en Italie du Nord, et notamment en Vénétie, région où la famille a séjourné. Une recommandation "appuyée", précise le père de famille, qui dit comprendre ce principe. "C'est une mesure de prudence, de précaution" estime Denis.

Une quarantaine trop tardive ?

Mais une mesure qui arrive "un peu tard" selon lui. Il pointe d'ailleurs un paradoxe : à leur arrivée, ses enfants, son épouse et lui ont mené une vie normale. "On a vaqué à nos occupations, on a fait nos courses, nos activités normales en ville et lundi, je suis même allé travailler en transports en commun !". 

"Le carnaval à Venise, l'activité à Venise, c'est très particulier : il y a des gens du monde entier donc si le virus s'est vraiment transmis à Venise, je pense que malheureusement, beaucoup de gens seront contaminés", estime-t-il.

Les enfants ont d'ailleurs été à l'école lundi, avant que leur établissement leur recommande de rester chez eux, comme le préconise le ministère de la Santé, dont les recommandations ont été relayées par certains rectorats ce lundi. 

Son épouse, elle, est partie travailler lundi et mardi. "Elle devait récupérer du matériel ce mardi pour pouvoir faire du télétravail", explique son mari, ajoutant : "Et il y avait une réunion importante". 

Les enfants s'inquiètent de trop rater l'école

Outre l'ennui, les deux frères regrettent de ne pouvoir "jouer" avec leurs amis. Mais le motif de la quarantaine n'inquiète pas Charles*. "Si jamais j'ai le coronavirus, les premiers symptômes n'auront lieu que dans 15 jours et c'est pour éviter que je contamine tout le monde à l'école" raconte simplement le garçon, joint au téléphone ce mardi. 

Paul*, son petit frère de huit ans, s'angoisse lui de rater trop la classe. "Si ils apprennent par exemple la table de 9 pendant que je ne suis pas là, après, quand je vais devoir faire l'exercice, je ne saurai pas !" s'inquiète le garçon. Les parents promettent de faire la classe à leurs garçons, "d'organiser un roulement" explique leur père. 

L'autre "grand sujet", selon lui, c'est "sortir ou pas sortir", précisant que, dans l'appartement parisien, les enfants sont "assez agités". Charles craint de devoir rester enfermer trop longtemps. "La mesure dit juste qu'il ne faut pas aller dans les endroits où il y a trop de monde donc au square, au moment où il n'y a personne, je pense que je peux y aller", avance-t-il, pour convaincre ses parents de sortir un peu. 

"On va peut-être sortir en mettant des masques et en essayant de limiter vraiment les contacts avec d'autres personnes, en plein air ou dans des parcs assez vastes" explique Denis. 

Sur le fond, le père de famille n'est pas inquiet. "On n'a aucun symptôme, on va bien" précise-t-il, reconnaissant une "certaine inquiétude de fond", mais "pas plus que cela"

*Les prénoms ont été modifiés, à la demande de la famille.

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