Trente-cinq familles déposent plainte ce vendredi auprès du parquet de Paris après le scandale révélé par l'Express, au sein du centre de don du corps de l'Université Paris-Descartes. Pendant des années, les dépouilles y ont été conservées dans des conditions déplorables, proches du charnier.

Le centre de don du corps de l'Université Paris-Descartes fait déjà l'objet d'une enquête ouverte par le parquet de Paris.
Le centre de don du corps de l'Université Paris-Descartes fait déjà l'objet d'une enquête ouverte par le parquet de Paris. © Capture d'écran / Google Street View

Elles ont décidé de s'allier : 35 familles vont déposer plainte, ce vendredi, auprès du parquet de Paris pour "atteinte à l'intégrité des corps". Fin novembre, l'Express publiait une enquête dénonçant les "conditions indignes" de conservation de dépouilles de milliers de personnes, au sein du centre de don du corps de l'université Paris-Descartes : cadavres en putréfaction, rongés par les souris, démembrés, entreposés dans des locaux vétustes. 

"Je me suis dit qu'on n'allait pas en rester là"

Quand elle entend parler de l'affaire, Laurence Dezelé se sent brusquement prise d'un malaise. Impossible de respirer. Sa mère, décédée en 2015 d'un cancer du pancréas, lui avait expliqué quelques mois avant de mourir, qu'elle voulait faire don de son corps à la science. "Au départ, j'avais tenté de la dissuader, je lui ai dit que c'était un très beau geste, mais que les étudiants ne sont pas toujours très respectueux", se souvient Laurence au micro de France Inter. "Mais elle m'a dit que cela avait bien changé, qu'on lui avait tout expliqué, qu'il n'y aurait pas ce genre de problème".

Si elle s'est d'abord sentie abattue, après la révélation du scandale, Laurence s'est rapidement ressaisie. "Très vite, une machine s'est mise en route à l'intérieur de mon corps. Je me suis dit qu'on n'allait pas en rester là. Que ce qu'ils ont fait est lamentable, et qu'il y avait forcément d'autres familles"

"Nos proches ont fait tout ça pour servir la médecine, et ça n'a pas été respecté. Certains corps n'ont pas pu être disséqués car ils étaient pourris ! Dans quel monde vit-on ?"

Ce qu'elle attend ? "Que les responsables soient retrouvés et punis, quelle que soit leur place au niveau de l'État", explique Laurence. Elle souhaite également un encadrement législatif plus rigoureux. 

Une enquête est déjà en cours, ouverte après les révélations de l'Express. Les faits auraient perduré jusqu'en 2018. Depuis, des travaux d'assainissement ont été réalisés. Une enquête a également été ouverte au sein du conseil de l'ordre des médecins. Le centre du don des corps a fait l'objet d'une fermeture administrative, ordonnée par la ministre de la Recherche. 

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