La création originale de Canal + rassemble ses rouages pour une dernière saison, diffusée à partir de ce lundi soir. Avec au programme un réalisme brut, un Paris sans fioritures et des personnages toujours aussi attachants.

Les acteurs Tewfik Jallab, Audrey Fleurot, Thierry Godard, Caroline Proust et Valentin Merlet.
Les acteurs Tewfik Jallab, Audrey Fleurot, Thierry Godard, Caroline Proust et Valentin Merlet. © Caroline Dubois - Rémy Grandroques

C'est l'une des meilleures séries françaises, acclamée à l'étranger et première création originale de Canal Plus lancée en 2005. "Engrenages" est de retour ce lundi sur la chaîne cryptée pour une 8e et ultime saison, dans laquelle on retrouve tous les éléments qui ont fait son succès depuis 15 ans.

Aucune raison de changer une formule qui a fait ses preuves. Pour son chant du cygne, la série donne toujours autant dans le réalisme brut. Comme le corps de ce gamin retrouvé dans une laverie de Barbès, point de départ de la dernière enquête des policiers d'"Engrenages", inspirée d'une photo trouvée dans la presse.

"Il va mourir là, à Barbès"

"Ça a été le déclic", explique Marine Francou, la scénariste arrivée sur l'écriture d'"Engrenages" la saison dernière : "On s'est dit 'ok, ce sera un jeune, ce sera un migrant. Il va mourir là, à Barbès'. Et là on a commencé à découvrir tout ce monde des jeunes mineurs isolés de Barbès, phénomène très préoccupant pour les forces de police."

On retrouve aussi ce Paris sans fard, si rare à la télévision, où misère et richesse cohabitent dans une parfaite indifférence. La porte de la Chapelle, les camps de migrants et à deux pas, le tout nouveau palais de justice de Paris.

La dernière enquête débute dans une laverie de Barbès, où est découvert le corps d'un migrant.
La dernière enquête débute dans une laverie de Barbès, où est découvert le corps d'un migrant. / Remy Grandroques

Avec des personnages de flics et d'avocats toujours aussi cabossés et touchants. Quand s'ouvre cette saison, Gilou (Thierry Godard) est en prison. Tandis que Laure (Caroline Proust) a du mal à renouer la confiance avec son équipe et sa hiérarchie. Mais tous trouveront l'apaisement dans cet épilogue, non sans avoir franchi une dernière fois toutes les lignes rouges.

"La psychanalyse est terminée et la vraie vie reprend"

Marine Francou justifie : "J'aime beaucoup ces grandes séries qui finissent par une explicitation des névroses qui ont habité les personnages pendant plusieurs saisons. Et du coup, la narration s'arrête parce que la psychanalyse est terminée et la vraie vie reprend." Une vie baignée de soleil à l'heure de l'épilogue. Tant mieux pour nos héros, enfin heureux. Dommage pour nous, pauvres spectateurs, à qui "Engrenages" aura appris, en 15 ans, à préférer le noir.