C’est une coupe du Monde de rugby à part qui démarre vendredi au Japon. Pour la première fois de son histoire, la 9e édition de la compétition va se dérouler ailleurs que sur le sol d’une nation traditionnelle de ce sport.

Nicolas Kraska est le seul Français à jouer dans le championnat japonais de rugby
Nicolas Kraska est le seul Français à jouer dans le championnat japonais de rugby © Radio France / Shimizu Blue Sharks

Le rugby n’est pas le sport majeur dans ce pays de 126 millions d’habitants : ici, les sports rois sont plutôt le baseball et le football. Et pourtant la Coupe du Monde est annoncée comme un probable succès populaire. Les stades seront pleins et 500 000 visiteurs étrangers sont attendus. L’ambition est de développer le rugby dans cette partie du monde.

Un seul Français a fait le choix de jouer au Japon. Il s'agit de Nicolas Kraska. Ce sportif est arrivé il y a quatre ans après un passage au Racing, à Albi et à Cognac. Après avoir joué trois ans à Toshiba Brave Lupus en élite, il est cette saison aux Blue Sharks de Shizimu, dans la banlieue de Tokyo. 

Une structure très particulière

Au Japon, les clubs sont la propriété de multinationales, comme les Toshiba Brave Lupus, l’équipe dans laquelle est arrivé Nicolas Kraska en 2015. La conséquence de cette structure économique est que les joueurs sont des salariés de l’entreprise et ne sont pas des rugbymen professionnels : "Au sein de l’entreprise, il y a une division rugby. Leurs joueurs travaillent dans cette société et sont détachés au rugby après le boulot ou à 100% quand la saison commence. Ils ont un CDI avec l’entreprise. Lors de la pré-saison, ils travaillent de 8h45 à 17h30 et après on s’entraîne de 18h à 21h, lundi, mardi, jeudi et vendredi.  Le mercredi, ils travaillent toute la journée. Ce rythme joue beaucoup sur la récupération car les employés japonais ont moins de temps pour récupérer que les joueurs professionnels étrangers."

Nicolas Kraska est le seul Français à jouer dans le championnat japonais de rugby
Nicolas Kraska est le seul Français à jouer dans le championnat japonais de rugby © Radio France / Jérôme Val

Un faible engouement populaire

Difficile, quand le club n’est pas ancré dans un territoire, de créer l’engouement. Les matches de Top League, le championnat élite, se jouent dans des stades à moitié vides, bien loin de l’effervescence autour du baseball et du foot. "J’ai joué dans des stades remplis à un tiers. Il y a une affluence entre 6 à 8.000 personnes mais dans un stade de 25.000 places, ça fait un peu vide. Mais j’ai aussi joué ma première finale en 2015 devant 26.000 personnes. Il y a un fort contraste entre les matches de phases finales ou des derbys et la phase régulière. Mais la fédération veut mettre en place en 2021 un véritable championnat professionnel avec 12 équipes qui représenteront 12 villes. Avec cette réforme, le rugby japonais va être de plus en plus populaire."

Symbole de cette popularité espérée, cette dédicace aux All Blacks réalisée pour l'occasion par le dessinateur du manga "Captain Tsubasa" ("Olive et Tom" en version française).

Un jeu très vivant

Cette saison, Nicolas Kraska évolue à Shimizu au nord de Yokohama en deuxième division et même si le rugby japonais a des limites, c’est un jeu très plaisant pour lui. "La plus grande différence avec ce que j’ai connu en Top 14 ou en Pro D2 en France, c’est la vitesse de jeu et de déplacement. Ça joue beaucoup à la main, ça joue beaucoup. En revanche, en termes d’impact, c’est beaucoup moins fort qu’en France."

Avec cette Coupe du monde, l’arrivée de stars étrangères et la perspective d’un championnat entièrement pro dans deux ans, le rugby japonais a de beaux jours devant lui.

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