Depuis le 14 mars ,15 volontaires vivent sous terre dans l’une des plus grandes grottes d’Europe, en Ariège. Pendant 40 jours, cette expérience scientifique doit permettre d’étudier les liens entre notre cerveau, le temps, et la synchronicité au sein d’un groupe. Le chef de l’expédition raconte la vie dans la grotte.

Les 15 volontaires dans grotte de Lombrives, en Ariège. Ils passeront 40 jours sans aucun accès au temps.
Les 15 volontaires dans grotte de Lombrives, en Ariège. Ils passeront 40 jours sans aucun accès au temps. © Human Adaptation Institute

La notion de temps a totalement disparu chez les 15 volontaires de l’opération Deep time. Chacun a pris son rythme depuis leur arrivée dans la grotte de Lombrives en Ariège le 14 mars. "Les cycles de sommeil sont décalés" explique le chef de l’expédition, Christian Clot. Il vient de transmettre un message audio depuis la grotte. "On va se coucher quand on est fatigué, on mange quand on a faim. On essaie de garder notre propre cycle." Conséquence : les activités menées en groupe se font en équipe réduite. Christian Clot poursuit : "On a vraiment un décalage très important qui s’est imposé au groupe, depuis quelques cycles. On a surtout un décalage total de période de sommeil, et de réveil. On se croise beaucoup, mais on ne se voit pas beaucoup. On ne trouve plus de synchronicité collective à notre petite communauté."

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Une mission à 800 mètres sous terre

L’explorateur constate aussi de plus en plus de somnolence, "des besoins de dormir soudainement et qui nous tombent dessus presque sans prévenir" détaille-t-il. "Nous ne savons pas si nous sommes éveillés 15h, 20h ou plus mais nous n'avons clairement pas les mêmes timings biologiques ou mentaux. Il y a toujours au moins une personne réveillée dans la grotte."

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Il n’y a pas d'horloge, ni de soleil. La température dans la grotte est plus fraiche que prévu, 10°C au lieu de 12°C, et un taux d’humidité de 100 %. "Des conditions insidieuses, non extrêmes, mais difficiles à vivre au quotidien" affirme Christian Clot. La vie quotidienne prend forme explique de son côté Jérémy Roumian. Le responsable des opérations vit devant la grotte depuis deux semaines : "Ils ont leur nourriture pour toute la durée de la mission, en revanche, ils doivent produire de l’énergie donc il faut des vélos pour alimenter un système de batterie". Pour trouver de l’eau, "il y a un lac suspendu et un lac sous-terrain" poursuit Jérémy Roumian. "Ils ont des activités quotidiennes pour faire fonctionner le camp. Ils ne doivent pas non plus oublier les protocoles scientifiques à faire dans la grotte."

Explorer la grotte

Sept hommes et sept femmes accompagnent le chef de l’expédition, Christian Clot. Tous ont postulé. On retrouve une bijoutière, un professeur de mathématiques, un cordiste, une biologiste ou encore un médecin anesthésiste. À l’extérieur de la grotte, des bénévoles se relaient pour que l’opération se déroule au mieux. Chaque jour, Medhi, 32 ans, va récupérer les déchets, les eaux usées dans un sas établi dans la grotte. Les bénévoles n’ont aucun contact avec les volontaires. "On peut se dire que tout se passe bien, c’est génial. Personne n’est sorti" se réjouit Medhi. 

Ce bénévole se met à la place des volontaires : "Moi, j’aime beaucoup la musique. Je me dis 40 jours sans musique, ça doit être spécial. Mais ils peuvent néanmoins en jouer." Deux guitares et un violon ont été descendus dans la grotte. Pour passer le temps, d’autres lisent des romans. L'une des missions de l'opération va commencer : l'exploration en profondeur de la grotte, pour établir une topographie 3D.

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