Le professeur Denis Malvy est infectiologue au CHU de Bordeaux et membre du conseil scientifique. Alors que la circulation du virus s'accélère particulièrement dans la ville et dans le département de la Gironde, classé "zone rouge", il appelle à la plus grande vigilance.

Le Professeur Denis Malvy, membre du conseil scientifique et infectiologue au CHU de Bordeaux.
Le Professeur Denis Malvy, membre du conseil scientifique et infectiologue au CHU de Bordeaux. © AFP / Nicolas Tucat

"Si nous ne faisons rien, nous allons nous retrouver dans une situation difficile", alerte le professeur Denis Malvy, infectiologue au CHU de Bordeaux. Membre du conseil scientifique, il craint l'accélération de la circulation de la Covid-19 à Bordeaux et en Gironde, département classé "zone rouge", zone de circulation active du virus, mais aussi plus globalement en Nouvelle-Aquitaine, région où le taux d'incidence du virus dépasse désormais les 65 cas pour 100 000 habitants. 

La région est désormais la deuxième la plus touchée en France métropolitaine, avec un nombre de cas positifs multiplié par 20 en un mois. Au CHU de Bordeaux, 68 patients étaient hospitalisés au CHU au 9 septembre, dont 21 en réanimation.

"Il faut trouver les messages" pour parler à la population

"Les rassemblements de groupes familiaux et amicaux ont été les moteurs de la circulation du virus, en plus des mouvements de population à la faveur des congés estivaux et de la rentrée", analyse Denis Malvy, qui appelle la population à plus de responsabilité et au bon respect des gestes barrières, notamment dans les lieux clos, mais aussi les autorités à prendre des mesures supplémentaires

"Nous sommes dans une situation exponentielle", poursuit-il. Selon lui, il faut "trouver les messages" notamment pour les 15-30 ans, tranche d'âge la plus touchée par ce rebond de l'épidémie : "Qu'ils puissent s'approprier les messages d'application de ces mesures et surtout de leur adossement au 'tester, tracer, isoler'."

"C'est cette articulation qui reste une approche très efficace. Si nous ne le faisons pas nous allons nous retrouver dans une situation difficile. Nous attendons des mesures de communication et d'optimisation des mesures de prévention", ajoute le spécialiste.