Des concerts-test avec du public doivent avoir lieu d'ici un mois à Marseille et Paris. L'objectif est de s'assurer qu'ils ne créent pas de clusters. Pour le concert prévu à l'Accor Hotel Arena, le protocole est sur le point d'être finalisé, détaille la virologue Constance Delaugerre, qui coordonne l'expérimentation.

Est il possible de rouvrir des salles de concert en s'appuyant sur des expérimentations scientifiques ? Un test va être organisé à Paris à L'Accord Hôtel Arena
Est il possible de rouvrir des salles de concert en s'appuyant sur des expérimentations scientifiques ? Un test va être organisé à Paris à L'Accord Hôtel Arena © Google Map

La ministre de la Culture Roselyne Bachelot a annoncé, le 15 février dernier, la tenue en mars et début avril de plusieurs concerts-test à Marseille et Paris. L'objectif est de s'assurer qu'un tel évènement, avec du public debout, ne crée pas de cluster. 

Le concert parisien aura lieu à l'Accor Hotel Arena, à Bercy. Le groupe Indochine sera sur scène et dans la fosse, 5000 personnes debout, sans distanciation, avec un masque chirurgicale. Il n'y aura personne dans les gradins, seule la fosse sera occupée. "5000 volontaires seront tirés au sort pour aller au concert, 2 500 pour rester chez eux", explique la professeure Constance Delaugerre, virologue à l'Hôpital Saint-Louis de Paris, coordinatrice de l'expérimentation. 

"Il faudra être testé négatif dans les 72 heures avant l'évènement, ne pas être vacciné, et ne pas être à risque de faire un Covid grave", détaille la scientifique. "On se met dans la situation la plus délicate, où une large partie de la population, tous âges confondus, ne serait pas vaccinée dans les prochains mois", avance Constance Delaugerre. La question du test PCR ou du test antigénique n'est pas encore tranchée. 

Des résultats sous quinze jours

L'objectif est de comparer le taux d'incidence du virus entre les deux groupes : les 5 000 personnes qui ont assisté au concert, et les 2 500 qui sont restées chez elles. "Le jour du concert, tout le monde doit nous renvoyer des kits de prélèvement salivaire pour savoir s'il y a des positifs le jour-même", explique la coordinatrice du concert-test de Bercy. "Puis ensuite, le concert a lieu et 7 jours après, tout le monde renvoie un nouveau test salivaire. C'est sur ce test-là, à 7 jours, que l'on va voir le nombre de positifs dans le 'bras domicile' et le nombre de positifs dans le 'bras concert'", indique la professeure Constance Delaugerre. 

La logistique pourrait prendre un peu de temps, puisque cela fait "quand même plus de 15 000 tests à faire", relève-t-elle, mais l'idée, selon la virologue, est d'avoir les résultats "dans les quinze jours qui suivront l'évènement". 

"Est-ce que c'est faisable après"? 

L'idée, derrière cette expérimentation, est de pouvoir généraliser un protocole sanitaire pour la reprise des concerts si ce dernier est probant. Tester tous les participants en amont et en aval, "ça paraît lourd", reconnaît Constance Delaugerre, mais la virologue interroge : "Est-ce que c'est faisable, est-ce que les gens ont envie de jouer le jeu ? Si c'est la seule solution, vu le besoin, en dehors de l'envie et de la nécessité de reprendre cette vie culturelle, je crois franchement que tout le monde serait prêt à adhérer assez facilement à ce type de contraintes".

Concernant le site internet pour se porter volontaire, il est encore "en train d'être construit", déclare la professeure de virologie, qui souhaite rappeler que "ce n'est pas un concert mais vraiment une expérimentation médicale avec tout ce qui va autour : le consentement, la CNIL. Tout cela doit être sécurisé sur un site de recherche clinique," conclut Constance Delaugerre. 

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