C'est une population très vulnérable et encore moins visible depuis la mise en place du confinement. Des médecins viennent d'ouvrir un numéro vert gratuit pour détecter, orienter et soigner au mieux les sans-abris atteints par le nouveau coronavirus.

Les personnes sans-abri font partie des plus vulnérables face à l'épidémie de Covid-19
Les personnes sans-abri font partie des plus vulnérables face à l'épidémie de Covid-19 © AFP / Martin BUREAU

Des silhouettes allongées à plusieurs, installées dans des campements de fortune devant les rideaux désormais toujours baissés des magasins. Ou bien cet homme qui fait la manche, à la sortie de la boulangerie, seul moyen pour lui de croiser de potentiels donneurs. Les personnes sans-abris, ceux qui dorment dehors et pour qui le mot confinement ne peut pas avoir de réalité, sont particulièrement vulnérables face au Covid-19. "C’est une population très fragilisée, qui a des co-morbidités qui ne sont pas prises en charge, et l’arrivée du virus sur ces personnes dont l’accès aux soins est quasiment impossible rend la situation critique" explique le docteur Martin Buisson, coordinateur de ce nouveau numéro vert, "et d’autre part, ne pas repérer des cas de Covid-19 chez ces personnes augmente le risque de contamination tout autour".

Un numéro gratuit, 7 jours sur 7

C’est pour leur venir en aide que l’association Accès aux droits des sans-abris lance un numéro vert, le 0800 94 66 90, gratuit, joignable 7 jours sur 7 de 7 heures à 22 heures. Les SDF qui ont un téléphone, mais aussi les travailleurs sociaux, ceux qui effectuent des maraudes, ou le grand public, peuvent appeler. « Au bout du fil, ils tombent sur un médecin bénévole, qui avec quelques questions peut détecter un cas suspect de Covid-19. Ensuite, soit il appelle le 15 si c’est urgent, soit il renvoie la personne vers une permanence d’accès aux soins de santé », détaille Martin Buisson.

Eviter une épidémie cachée, comme cela a été le cas au début dans les Ehpad

Le médecin espère que ce numéro gratuit permettra de limiter les contaminations entre personnes vivant à la rue, "un milieu très fragile à cause de la proximité, de la difficulté d’accès aux soins, de l’impossibilité de respecter des gestes dits barrière". Et c’est indispensable, si l’on veut éviter une catastrophe sanitaire. "Il y aura une épidémie cachée, comme il y a eu une épidémie cachée et découverte dans les Ehpad, comme il y a une épidémie dans les foyers de travailleurs, et comme il y a une épidémie en prison. Tous ces lieux où les gens n’ont pas accès aux soins, sont les uns à côté des autres. Le virus, lui, il n’a pas de barrière" s’inquiète Martin Buisson.

L’Etat ouvre des centres spécialisés

Pour faire face à cette épidémie chez les plus démunis, le gouvernement met en place des dispositifs spécifiques. 9000 places supplémentaires ont été mises à disposition dans des hôtels, pour accueillir les personnes à la rue. L’Etat ouvre également 86 centres pouvant accueillir les sans-abris malades du Covid-19 qui n’ont pas besoin d’être hospitalisés. Mais encore faut-il pouvoir les identifier, et les orienter vers ces dispositifs. Ce à quoi va s’employer ce nouveau numéro vert.
 

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