Le chef des urgences du SAMU d'Avicenne et le secrétaire général de SOS médecins affirment tous les deux que la hausse des cas de Covid est la plus sensible en France dans les régions qui ont été épargnées par la première vague. Leur ressenti est-il confirmé par les données régionales sur l'épidémie ?

Plusieurs régions montrent une hausse sensible du nombre de cas de Covid
Plusieurs régions montrent une hausse sensible du nombre de cas de Covid © Radio France

Les experts parlent de "signaux faibles", de "rebond" ou de "légère reprise" de l'épidémie en France. Dans son interview du 14-juillet le président de la République évoque "certains indicateurs qui remontent" en France, avec des "des signes que ça repart un peu". Parmi ces signes, il y a la hausse nette des interventions de SOS médecins pour des suspicions de Covid-19. Mais cette reprise de l'épidémie ne touche pas toutes les régions de la même façon. Et ce sont manifestement les régions qui ont été jusqu'à maintenant le plus épargnées par le Covid-19 où les hausses (certes légères) sont les plus marquées. 

"Une première vague plutôt qu'une deuxième vague"

Lundi, le secrétaire général de SOS médecins, Serge Smadja parlait d'un "nombre de cas qui remonte en France". "Il se passe quelque chose", disait-il, tout en précisant que c'est dans des régions relativement épargnées jusqu'à maintenant par le Covid-19 que l'augmentation des consultations SOS médecins pour des suspicions de Covid est la plus tangible. Il citait ainsi les régions Provence-Alpes-Côte d'Azur, Bretagne et Nouvelle-Aquitaine.

C'est aussi le ressenti du Pr Frédéric Adnet, qui dirige le service d'urgences d'Avicenne, à Bobigny (Seine-Saint-Denis). "Une deuxième vague, ce serait une augmentation de l’épidémie dans des zones qui ont été très impactées, l’Île-de-France, l'Oise, le Grand-est. Or, il n’y a pas de deuxième vague dans ces régions là", assure le médecin sur France Inter. "Ce qu’on voit actuellement, cette augmentation de cas, ce n’est pas une deuxième vague, c’est une première vague", défend-il. "L’épidémie progresse vers l’ouest et vers le sud, comme aux États-Unis où l'épidémie a progressé de l’est vers l’ouest et du nord vers le sud." Selon lui, ces régions sont les plus touchées car les populations qui y vivent ne "sont absolument pas immunisées". Les données du gouvernement disponibles en ligne vont plutôt dans le sens de ce qu'affirment ces deux experts. Nous avons analysé les cas recensés en hôpital et par SOS Médecins dans toutes les régions de France, voici celles où ces phénomènes sont les plus marqués.

Dans les régions les plus touchées, un nombre de cas stable

Dans la région Grand-Est où le rassemblement religieux de Mulhouse a provoqué de gros dégâts en mars-avril, le nombre de cas est très stable depuis quelques semaines. Depuis plus d'un mois il n'y a jamais eu plus de 35 cas par jour.

Dans l'Oise, durement touchée lors de la première vague, il y a eu une hausse notable du nombre de cas il y a huit jours mais la courbe a baissé depuis. Ces derniers jours, il y a une trentaine de cas quotidien.

En Île-de-France en revanche, on note une augmentation régulière du nombre de cas. Alors que la région, qui a été la plus touchée par la première vague, tournait à une trentaine de cas par jour à la mi-juin, on en dénombre plus de soixante par jour depuis cinq jours.

Une hausse plus marquée dans des régions épargnées jusque-là

En Nouvelle-Aquitaine, une région particulièrement épargnée avant et pendant le confinement, on assiste à une hausse nette du nombre de cas ces derniers jours. L'un de ses départements, la Gironde, a d'ailleurs été classé comme "vulnérable" par les autorités en raison de la "circulation virale" dans le département.

En Provence-Alpes-Côte d'Azur, où le virus avait moins durement touché la population que dans le nord de la France, on assiste à une légère hausse. Le nombre des cas de Covid a triplé depuis deux semaines. Des médecins font d'ailleurs état de leurs inquiétudes face à la hausse des courbes. D'ailleurs les chiffres mis en ligne par l'IHU Méditerrannée du docteur Raoult montrent eux aussi une très légère hausse.

En Auvergne-Rhône-Alpes, on assiste à une augmentation régulière et marquée depuis vingt jours. Si à la mi-juin, il y avait moins de vingt cas par jour, on en comptabilisait plus de 80 le 12 juillet. Il y a dans la région une multiplication des clusters dont un, au moins, a une taille qui inquiète les autorités

La région Pays-de-la-Loire connait une forte hausse de la circulation du virus, notamment à cause de la situation préoccupante en Mayenne. Un plan de dépistage massif du Covid-19 a été lancé en raison de l'accroissement anormal de la circulation du virus dans le département.

Enfin, en Bretagne, où le virus avait pratiquement disparu fin juin (2 cas le 30 juin), les courbes repartent à la hausse depuis une semaine.

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