La crise sanitaire a aggravé la pauvreté en France. Publié ce mercredi, le baromètre annuel sur la pauvreté en France du Secours populaire, réalisé avec Ipsos, montre les effets de l'épidémie sur les personnes en situation de précarité. Un tiers des Français déclarent avoir perdu des revenus.

Enseigne du Secours Populaire (illustration)
Enseigne du Secours Populaire (illustration) © Radio France / Victor Vasseur

La crise sanitaire a touché le portefeuille des Français. Un tiers d'entre eux déclarent avoir perdu des revenus avec la crise sanitaire, selon le baromètre pauvreté du Secours populaire, réalisé avec l'institut de sondage Ipsos et publié ce mercredi. Depuis le début de la crise sanitaire, l'association a fourni une aide alimentaire à 1 270 000 personnes, dont 45% n'avaient jamais franchi la porte du Secours populaire

Des pertes de revenus depuis le confinement

L'association pointe l'effet de la crise sur les "commerçants en difficulté, intermittents du spectacle, travailleurs intérimaires, saisonniers, non déclarés qui se retrouvent sans missions, autoentrepreneurs, salariés dont les revenus baissent du fait du chômage partiel (...) [ou] qui perdent leur emploi". Le Secours populaire constate un retour de personnes dont la situation s'était améliorée, ou stabilisée, parmi ses bénéficiaires. 

"J'ai perdu mon emploi au moment du confinement", témoigne ainsi Samuel Lacaze Michel, au micro de France Inter. Après plus de vingt ans de carrière dans la restauration, le jeune homme de 36 ans venait de débuter un nouveau CDI dans un restaurant parisien. Mais avec la fermeture des bars et restaurants mi mars, son patron a mis fin à sa période d'essai. Sans droit au chômage, il se  retrouve "avec un RSA à 500 euros". 

Le Secours populaire ? "Je n'aurais jamais cru y aller un jour"

"On se sent 'rien', mis sur la touche, comme si on n'avait jamais rien été avant, comme si tous les efforts qu'on a fait pour gagner un emploi ne sont pas reconnus", raconte-t-il : "je suis passé par les associations comme le Secours populaire pour me nourrir et très franchement, je n'aurai jamais cru y aller un jour dans ma vie". Aujourd'hui, il a retrouvé un travail dans un foyer pour personnes handicapées, en CDD et au Smic, et a toujours besoin de cette aide alimentaire.

Samuel Lacaze Michel dans son appartement, à Pantin, près de Paris
Samuel Lacaze Michel dans son appartement, à Pantin, près de Paris © Radio France / Rémi Brancato

Cette précarisation a des conséquences. Ainsi, le baromètre sur la pauvreté montre que 38% des personnes interrogées ont des difficultés à payer certains frais médicaux, que 25% sautent certains repas, que 46% se restreignent sur la quantité de leur alimentation et 40% sur sa qualité, que 29% peinent à consommer des fruits et légumes et que 57% ne sont pas partis en vacances.

Plus d'un Français sur deux craint de basculer dans la pauvreté

Outre l'alimentation, la pandémie a aggravé d'autres effets de la pauvreté. Ainsi, 44% des parents interrogés estiment que leurs enfants ont subi un retard à l'école, et 15% d'entre-eux estiment même qu'il s'agit d'un décrochage scolaire. En 2019, le Secours populaire a très exactement accompagné 3.268.460 personnes pour l'accès aux droits, au logement, aux soins, aux vacances, à la culture, aux sports, à l'accompagnement scolaire des enfants ou encore à l'aide vestimentaire. 

Une pauvreté qui semble s'étendre, puisque 65% des Français disent connaître une personne de leur entourage touchée par cette situation. Et l'inquiétude liée à la précarité s'étend aussi. 57% des Français interrogés craignent de basculer dans la pauvreté ou ont déjà envisagé une situation de pauvreté, un chiffre en hausse de 3 points par rapport à 2019.

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