Alors qu'épidémiologistes et médecins réclament un confinement strict dans les zones où l'épidémie flambe, l'exécutif cherche toujours à éviter un troisième confinement "dur" et reste ferme sur sa stratégie.

Emmanuel Macron veut continuer sa stratégie "graduée" et "territorialisée", malgré l’énorme pression du monde médical
Emmanuel Macron veut continuer sa stratégie "graduée" et "territorialisée", malgré l’énorme pression du monde médical © AFP / POOL / Yoan VALAT

Les départements de l'Aube, de la Nièvre et du Rhône vont être également soumis à des mesures de freinage renforcées, comme celles qui sont appliquées depuis une semaine à 16 départements.

Jeudi soir, le ministre de la Santé, Olivier Véran, s'est exprimé lors du point hebdomadaire sur la crise sanitaire et a actualisé la carte des départements qui connaissent des restrictions plus importantes. Ainsi, l’exécutif maintient sa stratégie "graduée" et "territorialisée". Et Emmanuel Macron reste sourd aux appels des scientifiques qui réclament ces derniers jours un confinement plus strict.

"Il faut un confinement strict de deux mois avec fermeture des écoles", réclamait toujours ce mercredi sur France Inter l’épidémiologiste William Dab, ancien directeur général de la Santé. "Il fallait freiner avant", estimait pour sa part Jean-François Timsit, chef du service réanimation de l'hôpital Bichat, à Paris, rappelant les alertes envoyées ces dernières semaines et jugeant que l'on "savait bien" que la stratégie des "semaines gagnées" prônée par l'exécutif "n'allait pas marcher". "Le prochain mois va être infernal, on est dans le mur." 

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On se croirait revenus deux mois en arrière

Le 29 janvier, les prévisions des épidémiologistes, déjà, étaient alarmantes. Pourtant, Emmanuel Macron a choisi de ne pas reconfiner le pays. Ce jour-là, la reprise en main du politique sur le scientifique est actée : "On a changé de logique", reconnaît un conseiller. En effet, le Président ne veut plus baser ses décisions sur des projections et en est convaincu, les Français ne peuvent plus l’accepter.  

Depuis, il fait tout pour tenir sa stratégie. "Il faut être clair et cohérent sur la durée", souligne l’Élysée. Au prix de mesures difficiles à comprendre. "L’illisibilité vaut mieux que l’impact économique, social et psychologique dramatique de mesures trop fortes", répond un proche. 

Voilà pourquoi l’exécutif veut mettre le paquet pour faire respecter ces nouvelles mesures si critiquées : contrôle du télétravail, verbalisation des rassemblements de plus de six personnes et surtout "pédagogie". Mais jusqu’à quand ? Jean Castex l’a admis mercredi devant le Sénat : "Nous maintiendrons cette stratégie… autant que cela sera possible."