Jean-Pierre Renou est arrivé au CHU d'Angers au mois de novembre. Malade du Covid, il a passé 200 jours en réanimation avant de pouvoir enfin sortir il y a quelques jours... en marchant. Une convalescence exceptionnelle qui a marqué sa famille et les soignants qui l'ont accompagné durant sept mois.

Prise en charge d'un patient COVID par l'équipe de réanimation chirurgicale du CHU d'Angers
Prise en charge d'un patient COVID par l'équipe de réanimation chirurgicale du CHU d'Angers © Radio France / C Jouannet CHU Angers

"En moyenne, les malades de la Covid passent deux semaines chez nous en réanimation, Jean-Pierre Renou est resté 200 jours". Le Professeur Sigismond Lasocki, chef du service Anesthésie Réanimation chirurgicale au CHU d'Angers parle de ces sept mois comme d'un marathon exceptionnel. "Il y a eu des moments d’extrême angoisse pour sa famille, pour lui et pour les soignants. Au début, à son arrivée en novembre, il a respiré avec beaucoup d'oxygène pendant 24h mais ensuite, nous avons été amenés à l’intuber". L'état de Jean-Pierre Renou a longuement oscillé entre dégradation, amélioration... et nouvelle dégradation. "Ça, il l'a fait des dizaines de fois. L'équipe était inquiète des séquelles qu’il pourrait avoir".  

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Six mois de hauts et de bas incessants

Le 8 juin, Jean-Pierre Renou est enfin sorti, debout, en marchant. Il a rejoint un établissement de santé spécialisé en soins de suite et réadaptation à Baugé, dans le Maine et Loire, à 500 mètres de la maison qu'il vient de se faire construire. "J'y ai passé une nuit seulement avant d'être hospitalisé" raconte celui qui est désormais surnommé "le champion". "Je voulais, je voulais m'en sortir. Je pensais réussir. Mais ça n'a pas toujours été facile". À ses côtés, Mauricette sa femme, 72 ans, est extrêmement émue : "c'était très dur, surtout le soir et les nuits... j’aurais pas voulu qu’il y ait des nuits. Heureusement, j'ai beaucoup été soutenue par mes enfants". Jean-Pierre et Mauricette ont eu quatre enfants, l'un d'entre eux, Franck, raconte ces nuits d'angoisse, les hauts et les bas incessants qui ont ponctué l'hospitalisation de son père : "ils nous annonçaient que ça allait être compliqué... la semaine d'après, ça allait mieux, la suivante beaucoup moins bien et ainsi de suite. Ça n'a été que comme ça. Le dernier mois c'était beaucoup mieux... mais pendant six mois, ça a été en dents de scie". 

Jean-Pierre Renou avec sa femme Mauricette, en convalescence au SSR de Baugé dans le Maine-et-Loire
Jean-Pierre Renou avec sa femme Mauricette, en convalescence au SSR de Baugé dans le Maine-et-Loire © Radio France / Franck Renou

Désormais, Jean-Pierre Renou mange seul, se rase seul. Il peut marcher et "le moral est bon" assure-t-il, même si les soins continuent. Il est dialysé plusieurs fois par semaine et a toujours besoin d'oxygène. Ses envies maintenant? Remercier encore le personnel "exceptionnel, fantastique" du CHU d'Angers... et repartir le plus rapidement possible en voyage en camping-car avec son épouse, comme il aimait tant le faire avant.