Le vaccin AstraZeneca peut certes provoquer un syndrome pseudo-grippal durant quelques heures, son taux de protection est légèrement plus faibles que les vaccins à ARN messager, mais est-ce une raison pour susciter autant de défiance chez une partie des soignants ?

Le vaccin AstraZeneca n'a toujours pas la cote chez les soignants
Le vaccin AstraZeneca n'a toujours pas la cote chez les soignants © AFP / TT News Agency / Johan NILSSON

Le vaccin Astra Zeneca va-t-il rester sur les bras de santé Publique France ? En tout cas, chez les soignants, à qui il s'adresse, notamment, il ne fait pas le plein. "Ce n'est pas un vaccin de seconde classe" a cru bon de préciser jeudi le Professeur Alain Fischer, coordinateur en France de la campagne de vaccination, pour rassurer. Quant à Olivier Véran, il a également insisté jeudi soir, lors de son point presse, en disant qu'il était "central que les soignants se fassent vacciner". Il n'empêche, la défiance est là. 

Effets secondaires et même moindre efficacité de ce vaccin par rapport aux vaccins ARN (70% contre 90% pour le vaccin ARN de Pfizer ou Moderna) voilà ce qu'on reproche à l'AstraZeneca, en ville comme à l'hôpital.

C'est un généraliste qui nous en faisait la remarque cette semaine. Des collègues médecins, en ville, renâclent un peu à face au vaccin AstraZeneca. Ils auraient préféré, l'autre, le Pfizer, et passent volontiers leur tour, pour le moment, nous expliquait-il. Une défiance visible également à l'hôpital. "Il n'y a personne. On a 100 doses, on a inscrit entre 15 et 20 personnes" déplore l'infectiologue Benjamin Davido, référent vaccin à l'hôpital de Garches. 

Des conférences pour tenter de convaincre les soignants 

Pour convaincre les plus récalcitrants l'APHP organise chaque semaine des téléconférences pédagogiques à l'adresse du personnel. Conférences durant lesquelles sont remontées les interrogations des soignants, auxquelles répondent des spécialistes comme l'a fait jeudi l'infectiologue Jean-Daniel Lelièvre. "Il y a une efficacité qui est assez importante donc il ne faut absolument pas considérer l'AstraZeneca comme un sous vaccin. Le seul bémol, c'est sur les variants sud-africains" expliquait-il aux soignants.

L'infectiologue Benjamin Davido comprend malgré tout certaines interrogations : pourquoi des soignants les plus exposés auraient-ils un vaccin légèrement moins protecteur, par exemple. Il donc prône une vaccination différentiée pour les soignants selon leurs spécialités. "C'est à dire qu'en réanimation, en unité Covid et éventuellement aux urgences, il faut privilégier les vaccins ARN Messager dont on connaît l'efficacité" préconise Benjamon Davido. "En plus de cela, les données sur les variants sont rassurantes." 

Conclusion d'une autre infectiologue : "si on pouvait vacciner tout le monde, dit-elle, avec du vaccin ARN on le ferait. En l'état des stocks on ne peut pas. On fait donc au mieux avec ce qu'on a."

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.