Les variants, inconnus au début de l'épidémie, semblent se multiplier ces dernières semaines et venir de tous les pays. Mais sont-ils plus dangereux que le virus original ? Risquent-ils de rendre inopérants les vaccins ?

C'est au CNR Centre national de référence virus des infections respiratoires que le variant anglais a été détecté pour la première fois sur le sol français. Ici, les variants anglais et sud-africains en haut à droite sur l'écran
C'est au CNR Centre national de référence virus des infections respiratoires que le variant anglais a été détecté pour la première fois sur le sol français. Ici, les variants anglais et sud-africains en haut à droite sur l'écran © Maxppp / Joël Philippon

On nous dit que le variant anglais va devenir dominant. On sait que le variant sud-africain est déjà en France. On sait aussi que d'autres variants existent et circulent : brésilien, allemand, américain... Et ces variants inquiètent. Vont-ils amplifier l'évolution épidémique ? Risquent-ils de réinfecter des personnes déjà atteintes par la Covid ? Et peuvent-ils contrecarrer la campagne de vaccination en rendant les vaccins actuels inefficaces ? Des questions qui n'ont pas encore de réponse formelle.

On a dit longtemps que le Sars Cov 2 mutait, comme tous les virus, mais assez peu. Or, depuis la découverte du variant anglais, on a l'impression que tout s'accélère. D'un coup, on trouve plusieurs mutants qui n'ont rien d'anecdotique : par exemple, plus de 20 mutations trouvées sur le variant britannique, par rapport au virus séquencé à Wuhan l'an dernier.

"La communauté scientifique a été surprise du nombre de mutations qui est hors-norme", explique Etienne Simon-Loriere, de l'Institut Pasteur. "On a vu jusqu'ici un virus qui a accumulé environ une à deux mutations par mois, et pas plus."

Comment ces variants ont ils pu apparaitre ? 

La surveillance les a-t-elle manqués ? Peu probable. En revanche, ils ont pu se développer sur des patients immunodéprimés, décrit Etienne Etienne Simon-Loriere : "Chez les personnes immunodéprimées, le virus va être capable de maintenir une infection et se répliquer tous les jours, pendant des semaines, voire des mois. Ça permet aux virus, comme ils font des erreurs à chaque fois qu'ils se répliquent, d'essayer plein de combinaisons différentes."

Ces variants peuvent-ils réinfecter ou rendre les vaccins inopérants ? 

On est assez rassuré avec le variant anglais, moins avec le variant sud-africain : des essais en laboratoire montrent en effet que ce variant pourrait, au moins partiellement, échapper à la protection que nous confèrent les anticorps produits après une première infection, voire une vaccination. Mais Sylvie van Der Werf, de l'Institut Pasteur, se veut rassurante : il n'y a pas que les anticorps qui nous protègent, explique-t-elle. "Les anticorps neutralisants sont une des composantes. Mais on a également une immunité innée qui interviendra également dans le niveau de protection, vis à vis de ces nouveaux variants, comme des autres d'ailleurs."

Les spécialistes concèdent qu'ils n'ont pas encore toutes les clés et qu'ils y travaillent. En attendant, les gestes barrières restent le meilleur moyen de se protéger.