Sur les plus de 200 vaccins actuellement en phase de tests, seuls deux ont jusqu'à présent donné des résultats attestant d'une certaine efficacité. Ils seront produits essentiellement aux États-Unis et en Europe.

Les laboratoires les plus avancés ont d'ores et déjà organisé la production de leurs candidats vaccins, avant même leur autorisation de mise sur le marché.
Les laboratoires les plus avancés ont d'ores et déjà organisé la production de leurs candidats vaccins, avant même leur autorisation de mise sur le marché. © AFP / VINCENZO PINTO

Au 12 novembre 2020, il y avait au total 212 vaccins contre la Covid-19 testés ou expérimentés de par le monde, selon le "panorama" publié par l’Organisation mondiale de la santé. 164 d’entre eux étaient en phase pré-clinique, c’est-à-dire expérimentés sur des animaux ou en laboratoire et 48 en phase clinique : testés sur des populations humaines…

Sur ces derniers, seuls 11 projets avaient atteint la "phase III" traditionnelle de l’expérimentation : une évaluation sur des populations de plus de 10 000 personnes et deux d’entre eux ont annoncé des résultats préliminaires qui garantiraient une effectivité vaccinale à plus de 90 % : l’Allemand BioNTech, allié au géant américain Pfizer d’un côté, l’Américain Moderna de l’autre... tous deux reposant sur une technique entièrement novatrice, faisant intervenir l’ARN messager.

Chacun des deux groupes pharmaceutiques a d’ores et déjà mis en production ses usines, pour produire à très grande échelle leur vaccin, avant même toute autorisation de mise sur le marché. 

Chez Moderna, le principal problème était de trouver un ou des partenaires capables de lancer une production de masse : l'unité de production de Moderna, à Norwod dans le Massachusetts, était notoirement sous-dimensionnée. Le labo américain s’est donc associé avec le Suisse Lonza et le vaccin sera produit sur les emprises américaines des deux compagnies (Massachussetts et New Hampshire) mais aussi à Viège, dans le Valais suisse. Moderna s’est également associé à l’Américain Catalent (et son usine de Bloomington dans le Nevada) ainsi qu’à l’Espagnol Rovi, basé près de Madrid, pour ce qui est du conditionnement desdits vaccins, qui seront donc fabriqués, pour partie, en Europe.

Les États-Unis et l'Europe en priorité

En tout, Moderna espère pouvoir produire entre 500 millions et 1 milliard de doses annuelles à partir de 2021. Son vaccin devant être administré en double dose à 28 jours d’intervalle, il ne pourra donc au mieux que toucher 500 millions de personnes : une "clientèle" essentiellement américaine et européenne. 

Du côté du projet Pfizer/BioNtech, le géant américain dispose de suffisamment d’unités de production de par le monde pour assumer une production de masse. Le groupe Pfizer a longtemps hésité entre trois de ses sites américains, avant de se décider pour l’usine de Kalamazoo dans le Michigan pour ce qui est de la production de son vaccin à destination du continent nord-américain.

L’Europe, pour sa part, devrait être servie par l’usine belge de Pfizer à Puurs, près d’Anvers ainsi que par l’unité de production de son partenaire allemand BioNtech, récemment acquise à Marburg près de Francfort. Le Français Delpharm devrait être pour partie associé à la production européenne du vaccin sur son usine de Saint-Rémy-sur-Avre en Eure-et-Loire.  

En tout, Pfizer et ses associés se disent capables de produire 1,3 milliard de doses sur l’année 2021… À raison de deux doses par vaccination, comme pour le vaccin Moderna, cela représente donc 700 millions de vaccinations possibles, au mieux, entre Amérique du Nord et Europe... 

Un défi logistique

Le défi principal, pour Pfizer sera de pouvoir assurer une chaîne logistique susceptible d’acheminer son produit vers les hôpitaux, centre de soin et autres prescripteurs. Avec un vaccin qui se conserve à -70°C, le problème n’est pas mince. Certains hôpitaux et centres de soin américains, notamment en zone rurale, ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne pourraient ni stocker ni même utiliser le vaccin Pfizer. Le vaccin de Moderna semble pouvoir être conservé à des températures moins extrêmes mais qui seront tout de même difficiles à maitriser en zone équatoriale et dans les pays les plus pauvres. 

Ces problématiques de logistique et de chaîne du froid font saliver les autres labos, également engagés dans cette course au vaccin qui est aussi, évidemment, une course au profit… Leurs projets n’auraient pas ce problème, inhérent aux vaccins reposant sur l’ARN messager. 

Les 9 autres projets de vaccin actuellement en phase III – 4 chinois, 1 américain, 1 russe 1 britannique et 1 indien – reposent tous sur des techniques différentes et beaucoup plus classiques de vaccination. Mais aucun n’a encore donné de résultats, même préliminaires, proches de ceux de Pfizer et Moderna. 

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