La vingtaine d'enfants et adolescents touchés en Île-de-France par la maladie de Kawasaki, une maladie inflammatoire grave, avaient tous été en contact avec le coronavirus, ont indiqué jeudi des responsables médicaux, soulignant malgré tout que le lien de causalité n'était pas établi.

La vingtaine d'enfants qui présentent des symptômes ressemblant à la maladie de Kawasaki, ont été en contact avec le Covid
La vingtaine d'enfants qui présentent des symptômes ressemblant à la maladie de Kawasaki, ont été en contact avec le Covid © AFP / Cedrick Isham CALVADOS

L’AP-HP a donné un peu plus de précisions, jeudi, sur les enfants hospitalisés en Île de France et atteints d’un syndrome proche de celui dit "de Kawasaki", une sorte de sur-réaction inflammatoire qui touche le cœur en particulier. Une vingtaine de cas ont été observés en Île de France depuis le 15 avril chez des enfants et adolescents âgés de 3 à 17 ans. Sans être prouvé encore, un lien semble désormais exister avec le Covid.

L'âge médian des patients en Île de France est de 9 ans et demi. Pas un seul ne souffrait de problème particulier : ni obésité, ni maladie cardiovasculaire. 

Premiers symptômes : une forte fièvre, des douleurs abdominales pendant quelques jours, puis une défaillance cardiaque et circulatoire. Tous ont eu besoin de ventilation - et même d’être intubés pour certains - et presque tous ont reçu des médicaments pour réguler leur pression artérielle et rétablir leur fonction cardiaque. 

Tous, précise l’hôpital Necker, ont été en contact avec le virus. Ils ont eu, soit un test virologique PCR faiblement positif, soit une sérologie, une analyse de sang qui a montré qu’ils avaient rencontré le virus 3 à 4 semaines auparavant. 

Une inflammation qui arrive de façon différée

Elle survient, de fait, 3 à 4 semaines après l’infection Covid. Elle fait penser au fameux orage cytokinique, cette réponse immunitaire excessive qui frappe les adultes en début de deuxième semaine après les premiers symptômes. 

Pourquoi les enfants font-ils une réaction plus tardive que les adultes ? Pas d’explication encore. En tout cas, bien pris en charge, leur état s’améliore en 3 à 4 jours. 

Au-delà de la région parisienne quelques cas ont été recensés en France, à Nancy, Reims, Chambéry, Lyon, Montpellier, mais pour l’instant le phénomène reste rare. À l’hôpital Necker, les pédiatres invitent les parents à ne pas sur-réagir. Pas d’affolement, disent-ils, s’il n’y a pas de forte fièvre prolongée et de gêne respiratoire associée.
 

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