En se basant sur les données israéliennes de surveillance de l'épidémie, une étude publiée ce jeudi dans The Lancet confirme l'efficacité du produit de Pfizer-BioNTech dans les conditions réelles. Deux doses protègent à plus de 95% du virus, y compris de son variant anglais.

Pendant la campagne de vaccination à Tel-Aviv, en février
Pendant la campagne de vaccination à Tel-Aviv, en février © AFP / Jack Guez

Avec la campagne de vaccination massive, lancée le 19 décembre dernier, Israël fait figure de laboratoire en conditions réelles. Et les premières données disponibles à l'échelle d'un pays confirment l'efficacité du vaccin Pfizer-BioNTech : deux doses protègent à plus de 95% de la Covid-19, y compris chez les personnes âgées, et malgré la prédominance du variant dit britannique, selon une étude publiée ce jeudi dans The Lancet.

Celle-ci se base sur les données anonymisées de tous les Israéliens vaccinés, suivis en moyenne pendant 48 jours après leur deuxième injection et répartis par groupes d'âge. Tous ont reçu le produit de Pfizer, avec un intervalle de quatre semaines entre les deux doses. Sur la durée de l'étude, 232 000 cas de Covid-19 ont été recensés en Israël, dont 94% étaient causés par le variant B.1.1.7, dit britannique. 

Très forte protection chez les plus de 16 ans

L'analyse des données montre que le vaccin de Pfizer est très efficace chez les plus de 16 ans, pour limiter les formes bénignes comme les formes sévères de la maladie. Dans la catégorie des 16-44 ans, sept jours après la seconde dose, il offre une protection de 96% contre les infections, 98% contre les hospitalisations, et supprime totalement le risque de décès. 

À l'autre bout du spectre, chez les plus de 85 ans - moins nombreux lors des essais cliniques – les chiffres sont inférieurs de seulement deux à trois points (94% pour les infections, 97% pour les hospitalisations). Le risque de décès par rapport à une personne non immunisée diminue de 97%. Tous âges confondus, le vaccin protège à 97% des formes symptomatiques et à 91% des formes asymptomatiques. 

Autre enseignement : la protection est bien plus faible après une seule dose. Le risque d'infection est réduit de 58%, celui d'hospitalisation de 76% et de décès de 77%. 

Une incidence de 3 pour 100 000 chez les personnes vaccinées

Enfin, les chercheurs mettent également en évidence la corrélation entre le déclin de l'épidémie et l'augmentation du nombre de personnes ayant reçu une deuxième dose. Chez les personnes vaccinées, l'incidence chute à 3 pour 100 000 habitants quand elle est encore de 91 pour 100 000 parmi les non vaccinés.

D'après les données compilées par Our World in Data, 58,5% des Israéliens sont aujourd'hui pleinement vaccinés. Une proportion qui n'augmente guère depuis un mois et ne permet donc pas d'arriver à l'immunité collective qui permettrait de se débarrasser du virus. Pour l'atteindre, les épidémiologistes estiment nécessaire une couverture vaccinale de 75%.