Selon les estimations, 5 à 10% des malades infectés par le virus se plaignent de symptômes persistants six mois après : fatigue, essoufflement, troubles neurologiques ou digestifs. D’après les premières études, il s’agirait en majorité de femmes entre 35 et 50 ans.

5 à 10% des malades infectés par le virus se plaignent de symptômes persistants six mois après avoir contracté le Covid-19
5 à 10% des malades infectés par le virus se plaignent de symptômes persistants six mois après avoir contracté le Covid-19 © Getty / Hermione Granger

Avant l’épidémie de coronavirus, Pauline, 39 ans, était en pleine forme et n’avait aucun problème de santé particulier. Elle est tombée malade en mars, au début du premier confinement, atteinte d’une forme bénigne de la Covid qui l’a clouée au lit pendant plus d’une semaine. Huit mois après, elle ne s’est toujours pas débarrassée de cette immense fatigue qui lui donne l’impression de vivre au ralenti : "Certains matins, je n’arrive même pas à me lever, raconte-t-elle, je ne peux rien faire. La plupart du temps, c’est une fatigue consécutive à un effort. Par exemple, si je vais me promener pendant une heure, il me faudra ensuite quasiment une heure de repos pour récupérer." 

Des lésions pulmonaires

Confrontée à cette grande fatigue physique et à un essoufflement persistant, Pauline a consulté plusieurs fois son médecin généraliste, aussi "désemparé" qu’elle et qui n’avait pas de réponse. Finalement, elle a passé une série d’examens dont un scanner qui a révélé des lésions aux poumons. "J’ai développé un asthme d’effort (ndlr : asthme induit par l’exercice physique), explique Pauline. Je suis suivie par un pneumologue qui me voit tous les trois mois, et par mon médecin traitant."

"L’impression d’être une petite vieille"

Depuis mars, Pauline alterne entre les périodes d’accalmie et les phases où les symptômes reviennent. Cette mère de trois enfants a pu reprendre le travail mais les arrêts maladie restent fréquents : "J’ai été arrêtée quatre semaines à la rentrée, dit-elle, c’est très compliqué de se retrouver complètement diminuée. Je ne suis pas sportive mais j’ai toujours été très dynamique. Là, c’est effrayant parce que je ne sais pas combien de temps ça va durer. Et déprimant car j’ai l’impression d’être une petite vieille alors que j'ai à peine 40 ans !"

Les incertitudes liées aux séquelles de la maladie pèsent de plus en plus sur le moral de Pauline qui a vraiment hâte de retrouver toute son énergie et "sa vie d’avant".