L'étude de Pasteur a été publiée vendredi dans Nature Médicine. Elle montre que les anticorps produits après avoir été infecté par le Covid, ou après vaccination, sont bien moins efficaces lorsqu'il sont mis en présence du variant sud-africain.

Les anticorps produits par le vaccin produits après infection ou vaccination sont moins neutralisants sur le variant d'Afrique du Sud
Les anticorps produits par le vaccin produits après infection ou vaccination sont moins neutralisants sur le variant d'Afrique du Sud © Getty / Westend61

Des études étrangères l'ont déjà montré, l'institut Pasteur vient de produire sa propre étude, en association avec plusieurs hôpitaux, ceux de Strasbourg, Orléans, Tours, Georges Pompidou à Paris, et Créteil. Si les anticorps générés par une première infection Covid, ou par le vaccin, sont presque aussi efficaces sur le variant anglais que sur le virus original, ce n'est pas du tout le cas pour le variant sud-africain, nettement plus coriace. Pour l'instant il reste très minoritaire heureusement, mais s'il gagne du terrain, ça pourrait devenir un vrai problème... 

Le variant sud-africain est clairement moins sensible aux anticorps

Pour le démontrer, les chercheurs ont pris le sang d'une soixantaine de patients déjà infectés et d'une trentaine de patients vaccinés. Tous ont produit des anticorps à des concentrations diverses. On a donc observé comment les variants réagissaient sur le sang des patients infectés, et dont l'infection pouvait remonter jusqu'à 9 mois. 

Le variant anglais réagit comme le virus original, il est neutralisé par 95% des échantillons et cela quelle que soit la concentration d'anticorps. L'efficacité est bien en deça pour le variant sud-africain. Il faut une concentration d'anticorps 6 fois plus élevée pour le neutraliser. 

Même constat avec les anticorps générés par la vaccination. Quatre semaines après la première injection, ils sont moins efficaces avec le variant sud-africain. 80% des échantillons neutralisent le virus original et le variant anglais, contre seulement 60% pour le sud-africain et là encore, il faut une bien plus grande concentration d'anticorps pour qu'il y ait une réponse. 

La leçon de tout cela, c'est qu'un patient qui a produit peu d'anticorps, ou qui en a perdu au fil du temps, pourra rester protégé mais beaucoup moins s'il s'agit du variant sud-africain. 

Pfizer et Moderna travaillent d'ailleurs sur une 3e dose, dirigée contre ce variant, qui fonctionnerait comme un rappel pour raviver nos défenses. Des essais cliniques sont en cours.