Niveau de propagation, risque, effets sur les indicateurs : voici ce que l'on sait de la propagation du variant anglais en Île-de-France.

La région Île-de-France semble être très touchée par le variant anglais, mais on ne constate pas de flambée des différents indicateurs.
La région Île-de-France semble être très touchée par le variant anglais, mais on ne constate pas de flambée des différents indicateurs. © Radio France / France Inter

La situation en Île-de-France est-elle plus sérieuse qu'ailleurs ? Le variant anglais y représente désormais entre "15 à 20%" des contaminations, et la circulation de ce mutant est désormais "exponentielle", d'après l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Selon les récentes études, la région semble être en tout cas l'une des plus touchée par cette souche de la Covid-19, même si le sud du pays est "probablement" autour de "9 à 10%" de contaminations, d'après le président du conseil scientifique, Jean-François Delfraissy.

Quel est le niveau du variant en Île-de-France ?

Semaines après semaines, les chiffres du variant évoluent, au gré des différentes évaluations :

  • Début janvier, le variant anglais représente quelques cas en France ;
  • Entre mi et fin janvier, après une première étude, il représente "près de 10% des dépistés" dans la région, d'après une étude menée par l'AP-HP sur des tests PCR positifs ; 
  • Le 24 janvier, Jean-François Delfraissy évoque sur BFMTV un niveau "de 7 à 9%" de ce variant "dans certaines régions françaises" dont l'Île-de-France ;
  • Le 27 janvier, le laboratoire Eurofin Biomnis révèle que le variant anglais est détecté dans 14% des tests positifs réalisés, d'après France Bleu ;
  • Début février, le variant anglais est désormais présent "dans 15 à 20% des cas de contaminations" dans la région, explique Rémi Salomon, président de la commission médicale d'établissement de l'AP-HP, invité de franceinfo mardi, contre "aux alentours de 6% début janvier"

Quel est le risque ?

Celui d'une propagation express et d'une saturation du système hospitalier. Ce variant est beaucoup plus contagieux, "40 à 70% plus contagieux", a rappelé Rémi Salomon mardi matin, évoquant "une croissance exponentielle". "Il va devenir dominant, on le sait, dans les 15 jours, les quatre semaines qui viennent. (...) Il va y avoir une accélération de l'épidémie si on ne fait significativement rien de plus. C'est ça qui nous fait peur", a-t-il ajouté, prônant un "fort" coup de frein, avec notamment la fermeture des écoles ou un télétravail massif. 

Que disent les courbes dans la région ?

Globalement, les indicateurs franciliens semblent ne pas s'affoler : pas d'envolée incontrôlée des contaminations ni des hospitalisations. 

Pour ce qui est des contaminations, le nombre de nouveaux cas de Covid-19 ne cesse, en Île-de-France, d'augmenter depuis le 1er janvier. Les tests sont deux fois plus positifs qu'il y a un mois. Néanmoins, on retrouve un taux de positivité équivalent à celui du début du mois de décembre, lui même bien en deçà du niveau observé au moment du pic d'octobre-novembre (au-delà des 15% de positifs).

Néanmoins, le taux d'incidence, en hausse là aussi depuis début janvier, suit la moyenne nationale. Pas d'explosion par rapport au reste du pays, au contraire de la région Provence-Alpes Côte-d'Azur, par exemple, l'une des plus sévèrement touchées en ce moment. Quand le taux d'incidence tourne entre 210 et 215 cas pour 100.000 habitants en Île-de-France et dans l'hexagone, il est de 380 en PACA.

Dans les hôpitaux, il y a actuellement environ 5.000 patients pris en charge pour cause de Covid-19 en Île-de-France. Ce chiffre est globalement stable depuis deux mois. Néanmoins, il entre aujourd'hui deux fois plus de patients chaque jour à l'hôpital qu'il y a un mois (217 nouveaux patients hospitalisés dans la région le 1er février).

Du côté des services de réanimation, 640 lits sont actuellement occupés par des patients Covid-19. Au total, 59,3% des lits sont occupés, à moins d'un point du stade "critique" (à partir de 60% de lits occupés). Par comparaison, en PACA, 90,7% des lits sont occupés par des patients Covid. Globalement, le nombre quotidien d'entrées en réanimation est globalement stable. 

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