L'enseignement supérieur devrait accueillir 35.000 étudiants supplémentaires l'année prochaine, en raison de l'amélioration du taux de réussite au bac. Mais les jeunes ont été fragilisés par la crise sanitaire. Les présidents d'universités anticipent la rentrée et mettent au point des plans d'action.

Le retour des cours en présentiel, c'est ce qu'espèrent les directeurs d'université à la rentrée.
Le retour des cours en présentiel, c'est ce qu'espèrent les directeurs d'université à la rentrée. © Maxppp / Jean-Marc Quinet

Comment accompagner les jeunes au mieux pour qu'ils reprennent les cours dans de bonnes conditions ? Comment organiser les enseignements alors que l'incertitude sur une reprise éventuelle de la pandémie plane toujours ? Ce sont des questions qui animent le monde de l'enseignement supérieur en ce moment. Les présidents d'universités espèrent une rentrée la plus normale possible

Pour Alain Tallon, doyen de la Faculté des Lettres de la Sorbonne, l'enseignement en présentiel est indispensable à la réussite des étudiants : "J'enseigne en première année depuis toujours, je ne peux pas le faire par le biais d'un écran. J'ai besoin de voir un amphi. Même dans un amphi de 350 étudiants, vous percevez parfaitement s'ils suivent, décrochent, comprennent ou pas." La visioconférence était un moyen "dégradé de sauver le semestre", invoque Alain Tallon, qui espère que les conditions seront réunies à la rentrée pour assurer les cours physiques et attend les recommandations des autorités sanitaires.

Développer l'accompagnement entre étudiants

Pour ces jeunes de plus en plus nombreux, et après six mois loin des salles de cours, il va falloir renforcer les dispositifs d'accompagnement, comme le tutorat : un suivi personnalisé par des étudiants (actuels ou fraîchement diplômés) d'autres étudiants en difficultés. "Nous avons des moyens alloués pour mettre en place ce dispositif mais calibrés sur une année normale. L'année qui s'annonce est une année exceptionnelle et ces dispositifs vont être largement mobilisés. De plus, c'est une opportunité de proposer des emplois aux étudiants dans une année où ils auront du mal à trouver des jobs", souligne Guillaume Gellé, président de l'université Reims Champagne-Ardenne et à la tête de la commission formation à la CPU (Conférence des Présidents d'Université). 

Vigilance particulière pour les "décrocheurs"

Alain Tallon anticipe la même chose : "Je crains que le confinement ait augmenté le nombre de décrocheurs. À la rentrée prochaine, nous serons particulièrement vigilants vis-à-vis des nouveaux étudiants qui pourraient être en difficulté", promet-il. Ce dernier songe aussi à pérenniser des initiatives développées dans sa faculté pendant le confinement, comme une centrale téléphonique gérée par des étudiants. "Un succès remarquable, souligne Alain Tallon, que nous maintenons pour la période des inscriptions et que nous songeons à garder pour aider les nouveaux première année à la rentrée."

L'adaptation de l'université à ces enjeux a un coût ; la Conférence des Présidents d'Université attend "un geste de l'Etat". Elle estime avoir besoin de "200 à 350 millions d'euros" pour accueillir au mieux les nouveaux étudiants dans des universités déjà saturées. Qui risquent de l'être encore plus à la rentrée : 91,5% des 740.000 candidats au baccalauréat ont été reçus au premier tour mardi. Un score historique, qui ne pourra qu'augmenter à l'issue des oraux de rattrapage, qui se terminent ce vendredi.

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