La crise sanitaire n’a pas freiné l’engouement croissant des consommateurs français pour les produits bio. C’est même le contraire qui s’est produit, selon le nouveau baromètre annuel de l’agence Bio, l’agence chargée de la promotion de la bio en France.

Pendant l’année 2020, en pleine crise, les produits bio ont gagné 15% de consommateurs en plus
Pendant l’année 2020, en pleine crise, les produits bio ont gagné 15% de consommateurs en plus © AFP / Hans Lucas / Léo Pierre

Pendant l’année 2020, en pleine crise donc, les produits bio ont gagné 15% de consommateurs en plus, notamment parce qu’on a pris davantage le temps de cuisiner pendant les périodes de confinement. 

Le bio a même élargi son public à des catégories aux revenus moins élevés et aux jeunes. 

C’est un des phénomènes notables de ce dernier baromètre, l’arrivée massive des 18/24 ans. Ils représentent à eux-seuls 21% des nouveaux consommateurs de produits bio. Ils sont militants, ils veulent protéger la planète, explique Laure Verdeau, la directrice de l’Agence Bio : "Ce sont ceux, il n'y a pas si longtemps, qu'on voyait manifester pour le climat, ce sont des nouveaux venus qui le sont a priori pour longtemps et qui, en plus, viennent au bio pour des raisons un peu différentes de celles des consommateurs plus âgés. Ils invoquent en première raison l'environnement. Ils sont 14 points au dessus de la moyenne là-dessus." 

Même plus cher, le bio se démocratise

Et ce ne sont pas les seuls nouveaux arrivants, la bio se démocratise et s’ouvre à des catégories aux revenus plus modestes, ouvriers, employés. Même si le prix plus élevé reste le principal frein. Philippe Henry, président de l’agence Bio. "Tout le monde sait que les produits bio sont plus chers que les autres, mais c'est un frein qui est en régression. C'est-à-dire que les gens sont évidemment sensibles aux prix, mais de moins en moins. Ils sont aussi très sensibles à la qualité, à l'impact de leurs produits. C'est aussi un élément. Les consommateurs sont bien sûr des consommateurs, mais sont aussi des citoyens. Ça, c'est important aussi de le noter." 

Les habitudes de consommation changent également, un peu moins d’achats en grandes surfaces, qui étaient jusque-là le moteur principal des produits bio, mais un peu plus de ventes directes, en circuits courts.