C'est un paradoxe : les fonds mis à disposition des États dans le cadre du Mécanisme européen de stabilité ne trouvent pas preneurs. La cagnotte s'élève pourtant à 240 milliards d'euros, en plus des subventions prévues dans le plan de relance européen à 750 milliards d'euros.

Drapeaux devant le Conseil européen
Drapeaux devant le Conseil européen © AFP / Ludovic MARIN

Est-ce la peur de se voir exiger des contreparties drastiques au versement d'aides européennes ? Ou une volonté de ne rien devoir à l'Europe, dans certains pays comme l'Italie dirigés par des gouvernements eurosceptiques ? Malgré le creusement des déficits publics partout à cause de la crise du coronavirus, les pays européens rechignent à solliciter les prêts à taux bas mis sur la table par le Mécanisme européen de stabilité financière. 

Pourtant, ces 240 milliards d'euros sont bel et bien accessibles, via des prêts que les États-membres peuvent solliciter à des conditions très avantageuses.

Convaincre les États de demander de l'argent

De son côté, l'Union européenne redouble de pédagogie, notamment en direction des pays les plus fragiles d'Europe du Sud. Non, dit Bruxelles, il n'y aura pas d'exigence de réforme douloureuse en contrepartie. Et oui, les taux sont plus avantageux que pour les emprunts classiques sur les marchés financiers. Des taux pouvant même s'avérer négatifs.

Pour l'heure, les États européens se montrent plutôt impatients de toucher les subventions prévues dans le plan de relance annoncé fin juillet : des subventions directes, plutôt que des prêts. Le problème, c'est que ces sommes, elles, ne seront disponibles qu'à partir de 2021.

Adopté le 21 juillet dernier après plusieurs jours de négociations entre les pays dits "frugaux" et ceux qui souhaitaient une relance forte après la crise du Covid-19, le plan de relance européen met 750 milliards d'euros sur la table commune. Il est censé permettre de relancer l'économie des pays les plus touchés par l'épidémie (en particulier l'Italie et l'Espagne). Plus de la moitié de ce fonds sera distribuée sous forme de subventions.

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