Par peur de l'épidémie de Covid-19, les Français épargnent massivement. Pas forcément une bonne nouvelle pour l'économie, selon le président du Cercle des épargnants.

Les "dépôts à vue" atteignent des niveaux record.
Les "dépôts à vue" atteignent des niveaux record. © Getty / Pakin Songmor

Sous l'effet de la crise sanitaire, et dans la crainte de son éventuelle aggravation, les Français épargnent massivement ou laissent simplement dormir de l'argent sur leurs comptes courants. C’est ce que l'on appelle les "dépôts à vue" : 27% par exemple chez BNP-Paribas, 18% chez Société Générale. 

Une "montagne de cash"

Une période tout simplement inédite, selon l'économiste Philippe Crevel : "La montagne de cash dont dispose les ménages français est historique. On a eu deux mois de confinement durant lesquels les Français ont sous-consommé, sur-épargné", décrit celui qui est président du Cercle des épargnants : "Ils ont joué la sécurité et la liquidité, donc ils ont maintenu une très forte enveloppe d’épargne de précaution."

Avec des dépôts à vue qui ont atteint un record : 452 milliards d’euros fin juin. "Le livret A et le livret de développement durable et solidaire ont également atteint des niveaux historiques", ajoute Philippe Crevel.

Pas nécessairement une bonne chose pour l'économie

Ces dépôts extrêmement liquides sont-ils une bonne nouvelle pour l'économie ? Pas forcément, analyse l'économiste : "Les pouvoirs publics, les entreprises, souhaitent que les Français consomment pour favoriser l’économie réelle."

Puis autre aspect à prendre en compte, le coût que cela représente pour les banques : "des dépôts à vue, aujourd’hui, ça coûte cher : le taux d’intérêt applicable par la banque centrale aux banques sur les dépôts est de -0,5%. Cela veut dire que les banques doivent payer 0,5% sur les dépôts non utilisés."

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