Attentat de Sarajevo une du Petit Journal du 12 juillet 1914.
Attentat de Sarajevo une du Petit Journal du 12 juillet 1914. © Wikimedia commons

Le 28 juin 1914 : l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche est assassiné à Sarajevo par un nationaliste serbe, Gabrilo Princip. Encore un assassinat politique comme l’Europe en a connu les années précédentes, en particulier aux confins de l’Autriche-Hongrie. Sauf qu’il survient dans un contexte de tensions.

Depuis 1908, L’Autriche-Hongrie a annexé la Bosnie-Herzégovine . Les populations serbes le vivent mal. Tellement que l’on cherche à dissuader l’archiduc de se rendre à Sarajevo. Après l'attentat, l’état-major austro-hongrois veut une réaction. Mais il faut d’abord convaincre les alliés allemands, et les représentants de la minorité hongroise.

L’ultimatum à la Serbie est lancé le 23 juillet. Accompagné d'un document en 10 points, il prévoyait, entre autres, la coopération policière dans l'enquête sur l'assassinat de l'archiduc. Point qu'elle va refuser. Ce qui va entraîner la guerre, par le jeu des alliances.

Que s'est-il passé à Sarajevo ? Les explications de Frédéric Manfrin, commissaire de l’exposition L’été 14, les derniers jours de l’ancien monde , actuellement à la BNF dont une partie est consacrée à l’attentat :

L'été 1914 à la BNF, quand le monde a basculé :

Affiche - Été 14 les derniers jours de l'ancien monde
Affiche - Été 14 les derniers jours de l'ancien monde © Radio France

Et si on commençait par le point de départ ? Pour commémorer la Première Guerre Mondiale, le ministère de la Défense et la Bibliothèque Nationale de France s'intéressent au déclenchement de la guerre. À la période entre l’assassinat le 28 juin 1914 de l’Archiduc François-Ferdinand d’Autriche aux premiers morts pour la France de la fin août.

Organisée en 7 thèmes, très documentée (photographies, articles de presse, lettres, courriers diplomatiques, fusils, uniformes…), elle présente un panorama du monde cosmopolite de 1900, l’enchaînement des évènements jusqu'à l’entrée en guerre, puis le choc des premiers effets concrets. Elle n'oublie pas les réactions des personnalités de l'époque comme Stefan Zweig ou Marie Curie .

Cinq objets pour dire l’entrée en guerre :

Lettre déclaration de guerre - expo été 14 BNF
Lettre déclaration de guerre - expo été 14 BNF © Radio France

La lettre de la déclaration de guerre. Dans les archives, pas de trace d’un document officiel de déclaration de guerre mais une lettre. Remise par Wilhem von Schoen , ambassadeur d’Allemagne en France à René Viviani , président du Conseil à 18h45, le 3 août, elle évoque un épisode qui n’a pas eu lieu. Ou pas exactement comme il est décrit. Le fait qu’elle ait cette forme n’est pas innocent : il ne fallait surtout pas être le responsable officiel du début du conflit.

Le journal de Romain Rolland :

Le journal de Romain Rolland
Le journal de Romain Rolland © Eté 14, les derniers jours d'un ancien monde

Avant la guerre, un mouvement pacifiste, certes divisé, existe. L’un des représentants les plus emblématiques de ce courant estJean Jaurès assassiné le 31 juillet 1914. A la déclaration de guerre, l’union sacrée sera totale. Personne pour dénoncer la guerre. Seul l’écrivain françaisRomain Rolland dont l’exposition présente le journal écrit le 4 août :

Je suis accablé, je voudrais être mort

Les mouchoirs d’instruction militaire :

Mouchoir d'instruction militaire
Mouchoir d'instruction militaire © Exposition été 14 les derniers jours de l'ancien monde

Données au soldat avec son fusil, ces instructions s’adressent aux novices, aux illettrés, ou aux étrangers. Ces mouchoirs apparaissent dans le premier quart du XIXème siècle en Europe et se diffusent surtout après la guerre de 1870. Ce genre de foulard existe à nouveau aujourd’hui dans la Légion étrangère.

La fiche de renseignements militaires de Guillaume Apollinaire :

La fiche de renseignements militaires de Guillaume Apollinaire
La fiche de renseignements militaires de Guillaume Apollinaire © Exposition été 14 les derniers jours de l'ancien monde - BNF

Nous comprîmes mon camarade et moi que la petite auto nous avait conduit dans une époque nouvelle, et bien qu’étant tous deux des hommes mûrs, nous venions de naître.

Le poète Guillaume Apollinaire pressent la modernité de la guerre. Il n’a pas la nationalité française, il dépose une première demande d’engagement, qui reste sans suite. Lorsqu’elle est acceptée, il part faire ses classes à Nîmes. Sur sa fiche, il déclare… savoir monter à cheval.

Le carnet d’une enseignante :

Journal d'une enseigante
Journal d'une enseigante © Exposition été 14 les derniers jours de l'ancien monde - BNF

Voilà le glas de nos gars qui sonne

Le Ministère de l’Instruction publique demande dès septembre 1914 si des enseignants ont tenu des journaux pour témoigner du début de la guerre. Dans le village de Saint Lormel, en Bretagne, on a conservé le témoignage de l’institutrice. Le 6 septembre, le jour du déclenchement dela Bataille de la Marne , elle écrit : « Les armées allemandes menaceraient Paris, on parle de trahison, de débâcle. La consternation est générale. »

Frédéric Manfrin , l'un des conservateurs de l'exposition à la BNF, présente ce document :

Des jeux d’enfant :

Légende jeux L’Europe sous les armes, Epinal, imagerie Pellerin, 1910
Légende jeux L’Europe sous les armes, Epinal, imagerie Pellerin, 1910 © Exposition été 14 les derniers jours de l'ancien monde - BNF

Même si les hommes ne sont pas partis la fleur au fusil, les mobilisés sont résignés et prêts à faire leur devoir. La préparation des esprits se fait dès l’école, avec des livres qui servent pour les dictées. Ci-dessous, des jeux pour enfants présentés dans l’exposition. Ils illustrent la familiarité du grand public avec les réalités militaires et stratégiques, et la conscience largement répandue des tensions internationales des premières années du XXème.

Frédéric Manfrin, l'un des conservateurs de l'exposition à la BNF, revient sur cet embrigadement qui débute dès le plus jeune âge :

I ALLER + loin sur l'Exposition

Affiche - Été 14 les derniers jours de l'ancien monde
Affiche - Été 14 les derniers jours de l'ancien monde © Radio France
  • « Eté 14 Les derniers jours de l’ancien monde », le catalogue sous la direction de Frédéric Manfrin et Laurent Veyssière, avec la collaboration de Thomas Cazentre, François Lagrange, Jean-Philippe Lamy, Guillaume Lebailly, et Michèle Le Pavec, Éditions BNF, Ministère de la Défense, DPMA, 2014
  • La bande-annonce de l'exposition
  • Le grand angle, un reportage de Bastien Lallier
  • L’exposition sur le site de la BNF

I LA GUERRE 14-18 SUR LE SITE DE FRANCE INTER :

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