L'inauguration de l'aéroport Charles-de-Gaulle, Françoise Giroud entre au gouvernement, la loi Veil sur l'interruption volontaire de grossesse est votée, Claude Sautet filme Vincent, François, Paul... et les autres et Le grand blond fait son retour dans un film d'Yves Robert et La dentellière de Pascal Lainé remporte le Prix Goncourt.

Et pendant ce temps-là sur France Inter...

Trois mois de grève

Le 21 septembre 1973, alors que la campagne électorale ne fait que débuter, le Président Pompidou - qui ne croit pas à la libéralisation de l'O.R.T.F. - déclare :

Le journaliste de télévision n'est pas tout à fait un journaliste comme les autres. Il a des responsabilités. Qu'on le veuille ou non, la télévision est considérée comme la voix de la France.

Changement de cap radical quelques mois plus tard : tout juste élu Président de la République, Giscard décide de modiier la loi sur le statut de l'audiovisuel : le 7 août, l'O.R.T.F. éclate en 7 sociétés autonomes. Cette dissolution entraîne la renégociation des conventions collectives et la suppression de 3 000 emplois (dont 250 journalistes).

Radios et télévisions sont paralysées durant de longues semaines, près de 5 mois en tout :

Le 8 janvier 1975, Valery Giscard d'Estaing dira:

Les organismes de radio et de télévision ne sont pas la voix de la France. Les journalistes de télévision sont des journalistes comme les autres.

La mort de Pompidou

Lorsque la nouvelle tombe sur les téléscripteurs le 2 avril 1974, elle prend tout le monde de court. Certes, 15 jours auparavant, le visage gonflé de Pompidou sur les télévisions à l’occasion de sa rencontre avec Brejnev avait alimenté les rumeurs sur son état de santé, mais tout de même, la surprise est immense. La situation est inédite – et à ce jour unique : que faire et que diffuser à la radio lorsque le Chef de l’Etat en exercice décède ?

Dans La saga France Inter (éd. Pygmalion), Claude Villers se souvient. Il était à l’antenne ce soir-là et s’apprêtait à débuter "Pas de panique ", une émission d’humour au générique percutant (Jesssica des Allman Brothers) :

J’ai demandé à Monique (la réalisatrice) de trouver un disque neutre et grave avant que François Foucart, le journaliste de service, ne prenne la parole. On avait toujours des disques de musique classique en cas de catastrophe, ou de deuil national. On a passé du Bach

La petite histoire raconte que la bande de la « nécro » préenregistrée de Pompidou était enfermée dans le bureau du rédacteur en chef. Personne n’osait fracturer la porte du bureau. La Direction ne répondait pas (souvenez-vous de cette époque où les portables n’existaient pas). Le directeur finira par arriver, et la nécrologie est diffusée.

l'élection de VGE

Le 27 mai suivant, c’est une autre situation inédite que couvre la rédaction de France Inter. Le jour de son investiture, VGE se rend au volant de sa DS à l’Elysée. Un Président qui conduit sa voiture un tel jour, c’est une première. Alors – quelques décennies avant la moto du journaliste Benoît Duquesne qui suivait à moto la voiture de Chirac le soir du 2e tour de 1995 – c’est Jean-Claude Bourret qui suit, et commente en direct, le parcours du Président. Avant de passer l’antenne à Alain Tramploglieri :

Philippe Gildas

Il se destinait à être professeur de lettres. Il croise Jean Yanne. Il devient journaliste.

Le parcours de Philippe Leprêtre alias Philippe Gildas n’est pas commun. Entré à 27 ans à Radio Luxembourg (RTL) il en devient directeur de la rédaction quelques années plus tard. En 1969 il part travailler à la télévision et revient dans le giron RTL dès 1972. La saison suivante – 1973-1974 – il est rédacteur en chef des journaux du matin. Avant de repartir l’année suivante à Europe 1 comme directeur adjoint de l’information.

Souvenir d’une toute petite année sur notre antenne : la voix de Philippe Gildas le 30 octobre 1974 :

Pour le plaisir

Cocorico monsieur poulet affiche
Cocorico monsieur poulet affiche © Radio France

Une rareté radiophonique : un extrait du "Masque et la Plume" durant lequel Georges Charensol et Jean-Louis Bory tombent d'accord.

C'est la drôlerie du film de Jean Rouch "Cocorico Monsieur Poulet " qui les réunit.

Un montage réalisé pour l’émission anniversaire des 50 ans du « Masque et la Plume » ce qui explique – en ouverture – la voix de Jérôme Garcin :

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