Souvenez-vous en 1978 : l'enlèvement du Baron Empain, le naufrage de l'Amoco Cadiz, la naissance du premier bébé éprouvette, l'assassinat d'Aldo Moro, la disparition de Brel, le César pour "Providence" d'Alain Resnais...

Mais aussi sur France Inter....

Une explosion dans le quartier

A la façon de "Vécu " de Claude Guillaumin et Michel Tauriac qui cette année-là revient sur un événement raconté par ceux qui l'ont vécu, c'est en voisine que la rédaction de France Inter couvre l'explosion de gaz qui vient de se produire à quelques encablures.

17 février 1978, en début d’après-midi, une explosion pulvérise l’immeuble qui fait l’angle entre la rue Raynouard et l’avenue du Colonel Bonnet. Les pompiers, la foule, les journalistes… tout le monde se presse et s’agglutine. On commence à évacuer les blessés.

Alain Ménargues , alors reporter de France Inter, est sur place. Il raconte en direct aux auditeurs, et à Jean-Luc Hees – dans les studios de France Inter situés à quelques mètres à peine – une scène d’apocalypse quand soudain.... :

Ce sont 12 personnes qui seront tuées et 60 blessées dans ce qui s’avèrera être une fuite de gaz sur une canalisation principale (le gaz s’accumulant dans les sous-sols des immeubles et explosant au contact de l’oxygène de l’air).> 35 ans après, Alain Ménargues se souvient :

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéoL'explosion de la rue Raynouard - Sauver ou périr (extrait 8)

Les étoiles du 7e Art

Asséo souvenirs inexacts couv
Asséo souvenirs inexacts couv © Radio France

En 1978, une nouvelle émission voit le jour "Les étoiles de France Inter " proposée et présentée par André Asséo. Elle durera près de 30 ans sous le titre des "Etoiles du cinéma " (1982-1995) puis "Cinéfilms (1996-2006).

Avant de rejoindre France Inter, André Asséo a pratiqué trente-six métiers. C'est presque par hasard qu'il se retrouve un jour derrière un micro pour commenter des matchs de foot. Il ne restera pas longtemps journaliste sportif.Après un passage à Radio-Monte-Carlo et un détour chez Polydor, c'est le cinéma qui sera son compagnon de route. Une route parsemée d'amitiés indéfectibles : Louis Nucera, Joseph Kessel, Romain Gary, Jean-Louis Trintignant...

Ce 23 septembre 1978, Asséo présente donc aux auditeurs l'émission. Paul-Louis Mignon, chef du service culturel de la rédaction, est à ses côtés :

Première invitée de l'émission, la toute jeune Isabelle Huppert , qui du haut de ses 25 ans a déjà tiourné dans une quinzaine de films, a triomphé l'année précédente avec La dentellière . Elle est en 1978 à l'affiche du sombre Violette Nozière , dont elle interprète le rôle titre :

André Asséo resta jusqu'en 2006 notre "Monsieur Cinéma". Présentant après les "Etoiles" l'émission "Cinéfilms", avec Jean-Claude Loiseau , puis Laurent Delmas . A noter que le temps d'une saison, Bertrand Tavernier en fut le chroniqueur.

une étoile s'en va : Cloclo

A la fin des années 70, Claude François est bien plus qu'un chanteur yé-yé. C'est une icône, idolatrée des foules. En janvier il s'est produit sur la scène du Royal Albert Hall devant 6 000 personnes. la BBC l'a invité sur ses ondes.Alexandrie Alexandra est un succès considérable. Son magazine "Podium" réussit la prouesse de détrôner le légendaire "Salut les copains".Sa mort, à 39 ans, surprend et choque tout le monde. A l'heure où Twitter et les réseaux sociaux ne sont même pas encore un embryon d'idée, c'est à la radio que la nouvelle se propage comme une traînée de poudre.

France Inter brosse sa "nécro" en ouverture de journal avant de partir au domicile du chanteur, Boulevard Exelmans, où - décidément habitué aux reportages dans le quartier - nous retrouvons Alain Ménargues :

BONUS > la radioscopie de Claude François (1973)

de la musique pas comme les autres

Patrice Blanc-Francard et Bernard Lenoir - Feedback 1979
Patrice Blanc-Francard et Bernard Lenoir - Feedback 1979 © Radio France / Philippe Picard

En 1978, le jeune Bernard Lenoir présente - seul - sa première émission "FeedBack ". Le rock, ça le connaît : il a débuté à France Inter en 1972 comme programmateur musical du "Pop club". Depuis il programme les titres de "musique pas comme les autres" dans (entre autres) "Bananas" de Patrice Blanc-Francard.

Les deux compères sont devenus inséparables. Les couloirs de France Inter se souviennent encore des pitreries que Lenoir, PBF et Gérard Klein faisaient dans les années 80.

Lenoir se souvient dans "La saga France Inter" de ses premiers micros :

J'étais terrorisé. La radio a été pour moi un grand plaisir mais aussi une souffrance. J'ai toujours paniqué au moment de prendre l'antenne. Vraiment. J'étais tétanisé

Le soir c'est Lenoir, la nuit c'est Aschero

Jean-Charles Aschero en 1976
Jean-Charles Aschero en 1976 © Roger Picard

Depuis deux ans, et jusqu'en 1996, "Les choses de la nuit " de Jean-Charles Aschero - réalisées un temps par Bernard Gilet, qui ne se déplaçait pas dans les couloirs de France Inter sans un exemplaire du Code du Travail dans la poche - accompagnent les auditeurs dans la nuit du week-end. De la musique, des titres longs, et chaque semaine - entre 2h et 3h du matin, en direct - des invités.

L'émission est aussi l'écrin d'une pépite radiophonique : "Les enquêtes du Commissaire Joubert ". Des histoires écrites par Aschero, inspirées de ses propmenades dans les rues de la Capitale :

En 20 ans, l'émission a été réalisée par Jean-Claude Weiss, Gilles Davidas, Bernard Foulquier et Bernard Gilet . Et assistée par Dany Bourdin, Catherine Fischer, Gilles Carretero, Alain Poulanges, José-Manuel Lamarque, Anne Mailly, Lina Leca, Carine Bernardi, Félicie Dubois ....

L'enfant des bohèmes couv 1978
L'enfant des bohèmes couv 1978 © Radio France

Le Prix du Livre Inter - sous la présidence de Robert Sabatier - est décerné à "L'Enfant de Bohème " de Daniel Boulanger (Gallimard).

Avant que l'amour s'efface, je veux encore nous voir. je cherche le couple que nous avons fait courir sur toutes les routes du monde, que nous avons enfermé dans des chambres de toutes sortes, pour des nuits sages et folles. En ce moement tu vis sans doute avec un autre, je reste de garde auprès de celle que nul ne peut connaître et qui fut mon reflet, parfois mon miroir, souvent cet être qui nous confondait tous deux.

Le livre est un recueil de nouvelles . Quinze variations, émouvantes ou cruelles, autour du thème de l'amour dans des univers quotidiens et en apparence banal.

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