slogan France Inter 1984 entre les oreilles
slogan France Inter 1984 entre les oreilles © Radio France

L'inauguration du Pont des Arts, la réélection de Reagan, l'affaire Gregory, le Prix Goncourt à L'Amant de Duras, la mort de Truffaut et de Truman Capote, le lancement du Macintosh.

Et pendant ce temps là sur France Inter...

Pradel la vie

Pradel la vie 1984
Pradel la vie 1984 © Radio France

Avec Jacques Pradel , les auditeurs ont une radio sous "Adrénaline ".

Depuis les années 70, Pradel est une voix familière de France Inter : "Vous avez dit étrange ?" (l'exploration des phénomènes paranormaux, tous les jours, avec Marie-Christine Thomas), "Le temps de vivre" (avec Bernard Grand), "Virus" et, depuis 1983 : "Adrénaline ". Un magazine quotidien chaque soir, de 20h à 22h.

Après l'explosion de la bande FM, Jacques Pradel était allé voir Jean Garretto, alors directeur des programmes, en lui proposant de faire - aussi - une radio libre. L'idée était de réunir une pleiade de jeunes reporters, à l'affut de tout ce qui était nouveau dans les expériences sociales, l'art contemporain... Parmi les reporters : Martine Mauléon, Philippe Rosli, Frédéric Hache et un certain… John Paul Lepers :

BONUS > Pradel se souvient sur France Culture au micro de Thomas Baumgarter des conférences de rédaction de l'émission.

Sans tabou

Michel Cardoze 1981
Michel Cardoze 1981 © Radio France / Philippe Picard

1981, la gauche au pouvoir, fait venir sur France Inter le journaliste communiste Michel Cardoze qui signe dans L'Humanité depuis 1979 (après avoir été écarté de la télévision, toujours pour des raisons politiques en 1968).

Avant d'être le truculent présentateur à grandes moustaches de la météo sur TF1, Cardoze fut le présentateur de "Tabou ", l'émission de reportage de la rédaction de France Inter.

A l'époque Michel Cardoze n'a pas encore son désormais célèbre accent du sud-ouest mais a déjà ses flambloyantes moustaches.

La sensualité du générique de l'émission masque légèrement le sérieux des sujets qui suivent :

C'est ensuite Alain Joannès qui présenta "Tabou". Michel Cardoze, quant à lui, fut chef du service "société - culture" avant de rejoindre TF1 en 1987.

Soupirs et plaisirs

Il y eu "Je t'aime, moi non plus " de Serge Gainsbourg et Jane Birkin en 1967. Un peu moins de 20 ans plus tard, il y eut un générique fait de soupirs et de gémissements :

Mermet 1977 recadré
Mermet 1977 recadré © Radio France / Philippe Picard

C'est à Daniel Mermet que l'on doit cette émission érotique.

Après l'horreur (Chair de poule) et le jazz (Charlie piano bar) il se lance en 1982 dans les contes érotiques avec«Tendre est la nuit ».

L’émission est supprimée assez rapidement. Mermet revient à la charge avec «La Coulée douce » qui fera rougir – de plaisir ou de colère – les auditeurs pendant les étés 84 et 85.

Un député, outré, écrira même au Directeur de France Inter :

Ils ne parlent pas d'amour à l'antenne, ils le font !

En juin 2013, Daniel Mermet revenait sur la genèse de "l'émission qui débaucha les oreilles" :

Du plaisir au délire....

En 1984, l'Equipe de France affronte l'Espagne en finale des Championnats d'Europe. OUverture du flash de 22h : le très posé José Setien passe l'antenne au fort volubile Thierry Gilardi qui se trouve sur la pelouse du Parc des Princes :

La petite histoire raconte qu'à la fin des années 70 André Lemas , rédacteur en chef du matin, demande au jeune jorunaliste José Setien d'appeler Simone Weil, alors Ministre de la Santé, au sujet d'un rapport sur le tabagisme. Setien s'éxecute bien qu'il soit... 6h30 du matin ! La réponse ne se fera pas attendre : il sera cantonné aux flashs sur Fip durant 6 mois avant de retrouver l'antenne d'Inter. Thierry Gilardi quant à lui est entré en 1982 au service des sports. Il y fut remplacé en 1986 (par Philippe Bardonnaud) quand il décida de rejoindre - brievement - le service de presse de la GMF avant d'intégrer les service des sports de la toute jeune Canal +.

La mémoire d'Abraham couv 1984
La mémoire d'Abraham couv 1984 © Radio France

Le Prix du Livre Inter, présidé par Hortense Dufour , est attribué à "La mémoire d'Abraham " de Marek Halter (Laffont).

A son habitude, Abraham le scribe s'éveilla d'un coup et, immobile sur sa couche, les yeux grands ouverts, il attendit le jour. L'aube, à Jérusalem, est une promesse qui vous emplit le coeur et Abraham, chaque matin, y cherchait confusément le signe que les choses de la terre et du ciel étaient en ordre.

Le roman retrace deux mille ans d'histoire d'une famille juive de cette aube de l'an 70, où le scribe Abraham quitte Jérusalem en flammes, à ce jour de 1943, où l'imprimeur Abraham Halter meurt sous les ruines du ghetto de Varsovie.

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