Depuis la chute du mur de Berlin en 1989, jusqu'à la hype des clubs berlinois en 2019, voici trente ans de techno à Berlin résumés en 30 titres. À vos écouteurs.

France Inter vous propose cette playlist "1989-2019, trente ans de techno berlinoise"
France Inter vous propose cette playlist "1989-2019, trente ans de techno berlinoise" © Radio France / Xavier Demagny

En juillet 1989, à quelques semaines de la chute du mur, une première Love Parade est organisée à Berlin-Ouest. "Elle réunit environ 150 personnes autour d'une camionnette qui diffuse de la musique", se souvient la RTS dans ce beau et long format web. Deux ans plus tard, le Tresor, le mythique club de Berlin, ouvre ses portes, le 13 mars 1991, dans la salle des coffres située dans le sous-sol du grand magasin Wertheim. 

Dans ces années là, selon le récit que livre à France Inter Eberhard Elfert, historien de la scène techno berlinoise, les acteurs de la techno locale ont très vite enclenché la réunification :

Elle s’est opérée à un rythme très lent dans l’administration, dans les têtes, dans la réparation des infrastructures, tout ça a pris beaucoup de temps. En revanche, les Allemands qui faisaient la fête dans les clubs techno ont vécu une réunification immédiate, c’était incroyable et ça a vraiment été un signal important.

Trente ans plus tard, Berlin est la capitale de la techno mondiale. Il faut parfois attendre deux heures avant d'entrer au Trésor. Tous les dimanches, à quelques centaines de mètres de là, des hordes de touristes fraîchement arrivés en Easyjet, mais aussi beaucoup de Berlinois pur jus, voient leurs espoirs d'entrer dans le temple de la techno se fracasser à la porte sans âme de l'ancienne centrale électrique de RDA où s'est établi le Berghain.

Au-delà de ces deux mastodontes, les Kater, Sisyphos, KitKat, Watergate offrent d'autres théâtres nocturnes aux danseurs en quête d'extase. Sans parler des petits bars de Kreuzberg où il n'est pas rare de voir des DJ humides triturer des platines à 08h du matin un dimanche. A 130 km de là, l'ancienne base aérienne de l’armée soviétique située à Lärz offre une toute autre ambiance quand arrivent l'été et les dizaines de milliers d'amateurs de musiques électroniques venus danser pendant quatre jours au Fusion Festival.

De Westbam à Paul Kalkbrenner

De 1989 à 2019, on vous raconte trente ans de techno berlinoise en 30 titres. On commence avec Westbam, figure historique de la techno de Berlin, qui sort en 1989 son album "The Cabinet". De cet album initiatique on a (évidemment !) gardé le track acid "The Wall". Westbam jouait à la première Love Parade de 1989 et c'est lui qui sera porte de Brandebourg samedi soir pour mettre en musique les 30 ans de la chute du Mur. On finit en 2019 avec les vinyles encore fumants des deux grandes figures de la techno berlinoise depuis vingt ans : Ellen Allien et Paul Kalkbrenner. 

Ellen Allien, fondatrice du label berlinois BPitch Control, autrice du bijou "Berlinette" au début des années 2000 quand toute l'Europe se mit à écouter de la techno minimale made in Cologne, Francfort ou Berlin. Et Paul Kalkbrenner dont la BO du film Berlin Calling sur la vie nocturne berlinoise a fait le tour du monde avant que le DJ ne devienne le best-seller d'une techno plus commerciale, accessible mais qui matraque.

Dans cette playlist, vous trouverez des compositeurs et des DJ de tous horizons mais qui ont tous une histoire avec Berlin. Le papy américain d'Underground Resistance Jeff Mills, qui a composé "Berlin", titre techno typique du mitan des années 1990. La "Queen of Berlin" Mira, résidente du Kater Blau. Jennifer Cardini et Miss Kittin, deux DJs françaises qui ont toutes les deux vécu plusieurs années à Berlin où elles squattent régulièrement le DJ Booth d'une institution de la capitale : le Panorama Bar, à l'étage du Berghain. Ricardo Villalobos, qui a composé dans la capitale allemande les plus beaux opus de sa techno racée. Un peu de house aussi avec Mandy et Booka Shade pour les plus belles heures du label berlinois Get Physical. Bonne écoute.

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