La BD s’empare parfois de l’intimité pour évoquer des sujets douloureux. Zoom sur trois nouveaux albums où le dessin permet une mise à distance salutaire

Couvertures de "Rosalie lightning", "Le Perroquet" et "Ecumes"
Couvertures de "Rosalie lightning", "Le Perroquet" et "Ecumes" © Hom Hart/L'Association; Espe/Glénat, Ingrid Chabbert et Carole Maurel/Steinkis

"Rosalie lightning", le deuil d’un enfant

Comment survit-on à la perte d'un enfant ? Tom Hart et sa femme, dessinateurs tous les deux, ont perdu leur fille Rosalie, sans y avoir été préparés, à la veille de ses deux ans. Face à cette expérience atroce, ils ont fait comme tout le monde : ils ont sombré. Beaucoup pleuré, marché, culpabilisé, cherché un sens, fait des week-ends de yoga, vu des médiums, rencontré des amis qui avaient vécu la même chose… Le propos est dur, d’autant que leur histoire se complique de problèmes matériels. Mais on lit cette BD en noir et blanc pleine d’espoir avec beaucoup d’intérêt. D’autant que pour partager ses sentiments et son vécu, l'auteur a cherché des pistes graphiques originales.

► ECOUTER I La chronique de Juliette Arnaud sur Rosalie Lightning dans Si tu écoutes, j'annule tout

Feuilletez quelques pages :

Rosalie lightning de Tom Hart publié chez L'association

"Écumes", la perte d’un enfant à naître

Elles s’aiment et aimeraient avoir un enfant. Mais n’y croient plus trop. Quand après une ultime démarche, la bonne nouvelle tombe, elles sont ravies. Au bout de quelques mois, alors qu’elles pensent le bébé bien accroché, c’est la fausse couche. Commence alors un long travail de deuil, et de reconstruction grâce à un moment de repli sur soi, à l’amour, à la rencontre d’un groupe de parole et à un voyage. L’histoire autobiographique dIngrid Chabbert est racontée finement. Elle n’est jamais glauque ou plombante, et le dessin de Carole Maurel est superbe. Sobre et poignant à la fois, Écumes sonne juste.

Feuilletez quelques pages :

Écumes d’Ingrid Chabbert et Carole Maurel est publié chez Steinkis

"Le Perroquet", vivre avec une mère bipolaire

Espé explore le désarroi de l’enfant face à la folie maternelle. Le dessinateur décrit Le Perroquet comme une autofiction : il a puisé dans ses propres souvenirs pour raconter cette histoire, mais ce n’est pas une autobiographie. Il raconte avec réalisme, cette maladie qui détruit une famille : la difficulté de l’acceptation par l’entourage, la prise en charge psychiatrique pas toujours adaptée, les dégâts des médicaments sur le patient… Le tout est raconté à hauteur d’enfant, ce qui rend le récit encore plus touchant. Le dessin met, là encore, une distance salutaire pour mieux pénétrer l’enfer de la bipolarité.

Feuilletez quelques pages :

Le Perroquet d’Espé chez Glénat

►►► Aller + loin : la bipolarité dans Ça va pas la tête et dans La Tête au carré.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.