"A la radio fallait-il une maison ?Oui, car pour étendues que soient ses limites, dispersées ses sources et variées ses émissions, la radio est une œuvre humaine." Extrait du discours du général Ge Gaulle pour l'inauguration de la Maison de la Radio -14 décembre 1963

C'était un peu devenu l'Arlésienne... Et pourtant, la nécessité de doter la Radio d’État d'une Maison adaptée à ses besoins avait été reconnue dès les années 30. En 1937, on envisage de pérenniser le Pavillon de la Radio édifié pour l'Exposition Universelle. En janvier 1943, l'architecte Paul Tournon conçoit le projet d'une cité de la Radio, un bâtiment de grande envergure, installé au Rond-Point de la Défense, dominé par une tour de 150 mètres, dans la perspective Concorde-Étoile. Deux ans plus tard, le même Paul Tournon imagine le Palais Branly, imposant édifice situé sur le quai du même nom. Bref de 1932 à 1947, la Maison de la Radio est un projet qui échoue pour des raisons politiques, administratives, budgétaires ou techniques, voire les quatre.Et puis, en quelques mois, de juillet 1952 à mars 1953, toutes les conditions sont réunies: terrain, projet d'architecte, crédits... et 10 ans plus tard, la Maison Ronde accueille la RTF.

Maison de la radio
Maison de la radio © Radio France / Phototèque

Cette année 1963 est décisive dans l'histoire de la radio publique en général et de France Inter en particulier. Depuis 1957, la Radiodiffusion Télévision Française regroupe trois chaînes : RTF Inter, RTF Promotion (future France Culture) et RTF Haute Fidélité (future France Musique). Les auditeurs ne s'y retrouvent plus. Les spécialisations sont floues. Le public de la radio a beaucoup changé depuis 15 ans. L'apparition du transistor a modifié la manière d'écouter la radio, les programmes doivent donc évoluer. L'audience a baissé face à la concurrence des périphériques. En 1962, le général De Gaulle demande à Alain Peyrefitte, fraîchement nommé secrétaire d’État à l'information de s'attaquer à ce dossier.

Les grandes lignes de la réforme Des sondages pour cerner les goûts du public avaient été réalisés dans les mois précédents, dont les résultats étaient, parait-il, précis et convaincants. Il fut donc décidé de lutter contre la multiplicité des chaînes mal identifiées et d'adapter les émissions aux attentes du public.

C'est alors que l'homme providentiel surgit : Roland Dhordain !

Roland Dhordain
Roland Dhordain © Ina.fr /

Patron, recruteur, ordonnateur, inventeur, catalyseur, instigateur, Roland Dhordain est tout à la fois. Le projet de Roland Dordhain propose donc la spécialisation attendue. RTF Inter devient la chaîne grand public. Le plan Dhordain (élaboré avec le jeune conseiller du directeur de la radio Édouard Balladur) est accepté par le ministre Alain Peyrefitte et Dhordain est nommé conseiller technique du directeur général de la RTF le 22 juin 1963.Dès sa nomination, celui que tout le monde reconnaît aujourd'hui comme le père fondateur de France Inter organise un grand concours avec les auditeurs. Le nom que nous portons aujourd'hui, c'est vous qui nous l'avez donné, à la suite du concours "Baptême RTF 64". Il y eut 171 145 réponses et une grande gagnante qui partit faire le tour du monde des radios.

Le 8 décembre 1963 est donc la date de naissance officielle de France Inter. Ce jour là, c'est Jean-Pierre Elkabbach qui présente le journal de 13h. Et le titre principal de cette édition n'est pas le nouveau nom de la station, mais l'arrivée du froid et de la neige.

Et pendant ce temps là En 1963, Le prix Nobel de la paix est attribué au Comité international de la Croix-Rouge. En avril, les Parisiens découvrent pour la première fois les "Twenty Marilyns" d’Andy Warhol. Le 22 juin, Paul VI devient pape. Le 31 août, le "téléphone rouge" est mis en place entre la Maison-Blanche et le Kremlin. Le 11 octobre, Jean Cocteau s'éteint quelques heures après Edith Piaf. Le 22 novembre, John Fitzgerald Kennedy est assassiné à Dallas. Le 8 décembre, France Inter voit le jour, 24h plus tard... c'est mon tour.

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