Pour sa 18e édition, la Nuit Blanche, manifestation nocturne consacrée à l'art contemporain à Paris et dans sa métropole, était placée sous le signe du mouvement. Parade artistique, vélodrome sur le périphérique, bal blanc à l'Hôtel de ville... On vous a sélectionné les temps forts de cette Nuit Blanche 2019.

Le gigantesque serpent gonflable du collectif des plasticiens volants a fait sensation.
Le gigantesque serpent gonflable du collectif des plasticiens volants a fait sensation. © Radio France / Bastien Munch

Les habitués de la Nuit Blanche ont parfois dû être un peu perdus cette année. Alors que pour les éditions précédentes, l'événement se tenait dans des lieux définis à l'avance, pour cette 18e Nuit Blanche, les œuvres d'art contemporain et les performances artistiques étaient en perpétuel mouvement, justement le thème de cette année. Artistes promeneurs, grande traversée entre les hauts lieux culturels de la capitale... Il a fallu marcher, voire courir, pour aller à la rencontre de l'art contemporain.

La parade artistique

C'était probablement l'événement le plus attendu. Dans le cadre de cette thématique du mouvement, le directeur artistique de la nuit de l'art contemporain, Didier Fusillier, a sollicité douze artistes pour mettre sur pied une parade géante entre les places de la Concorde et de la Bastille. Sur ces chars figuraient des œuvres d'art contemporain créées pour l'occasion. L'événement a attiré une foule monstre, avec beaucoup de familles. Il faut dire que même les enfants y ont trouvé leur compte, entre les gigantesques chevaux gonflables du collectif des plasticiens volants et le char de Vivien Roubaud, qui projetait de la barbe à papa à plusieurs dizaines de mètres de hauteur. Selon Christine, qui est venue assister à la parade avec son mari et ses deux petites filles, cette parade est "un bon moyen de faire venir l'art contemporain directement aux gens. Quand on passe par des musées, les tarifs sont vite exorbitants pour une famille de quatre ou cinq personnes."

Les chevaux gonflables du collectif des plasticiens volants ont ouvert cette parade artistique.
Les chevaux gonflables du collectif des plasticiens volants ont ouvert cette parade artistique. © Radio France / Bastien Munch
Le char de Vivien Roubaud projetait de longues traînées de barbe à papa sur le public.
Le char de Vivien Roubaud projetait de longues traînées de barbe à papa sur le public. © Radio France / Bastien Munch

Le vélodrome sur le périphérique

La promesse avait de quoi susciter la curiosité. Tout un pan du périphérique parisien fermé aux voitures pendant une nuit pour y accueillir vélos et piétons. Pari réussi. Ils ont été des centaines à s'élancer sur un Vélib', un vélo en "free floating", ou même une trottinette ou un quadricycle entre Porte de Pantin et Porte de la Villette, sur une boucle d'environ 3 kilomètres. Sur les côtés des voies, un dispositif de spots lumineux imaginé par le collectif 1024 architecture. "Une manière de découvrir le périphérique autrement", confie un cycliste. "En voiture, on est aveugle, on ne voit pas notre environnement." Un autre : "C'est vraiment magique, le périphérique est totalement silencieux, on a l'impression d'être sur une plage déserte." Une promenade pour les piétons avait également été aménagée, avec quelques food-trucks pour se restaurer.

Les participants pouvaient se fournir en Vélib' au départ de la boucle du vélodrome, porte de Pantin.
Les participants pouvaient se fournir en Vélib' au départ de la boucle du vélodrome, porte de Pantin. © Radio France / Bastien Munch

Le bal blanc à l'Hôtel de ville

Devant l'Hôtel de ville, de la musique techno a résonné jusque tard dans la nuit. De 22h à 4h du matin, des centaines de personnes ont participé à un bal un peu spécial, habillés de vêtements clairs ou de capes blanches distribuées à l'entrée. Toute la nuit durant, des images de films, compilées par l'artiste Alain Fleischer et correspondant à des scènes de danse, ont été projetées, à la fois sur la façade de l'Hôtel de ville, mais également sur les danseurs, pendant qu'un DJ donnait le rythme. Ainsi, par un effet visuel visible depuis l'extérieur du bal, les mouvements des danseurs se confondaient avec les chorégraphies des acteurs à l'écran, de sorte que l'on ne puisse parfois plus distinguer les contours de chacun.

Pour que le dispositif fonctionne, des capes blanches étaient distribuées aux danseurs à l'entrée du bal.
Pour que le dispositif fonctionne, des capes blanches étaient distribuées aux danseurs à l'entrée du bal. © Radio France / Bastien Munch

Le tournoi de travball

L'artiste Mehryl Levisse voulait, pour cette Nuit Blanche, mettre en place une performance artistique à la frontière du sport et de l'art. C'est mission réussie avec ce cinquième tournoi de travball, un sport collectif avec un traversin comme ballon. La particularité de cette performance d'art contemporain : les matchs se jouent avec des personnes du public et les équipes sont encadrées par plusieurs drag queen, qui ont le rôle d'arbitre, de chef d'équipe, mais aussi de cheerleader. Une performance que Mehryl Levisse a mise en place pour casser les clichés homophobes dans le sport. "Je voulais montrer que les personnes homosexuelles ne sont pas plus fragiles que les autres, et peuvent très bien faire du sport de contact." Un contact qui permet aussi de casser la barrière que beaucoup ressentent face à l'art contemporain. Pour preuve, dans le gymnase Ladoumègue, le tournoi de travball avait des airs d'ambiance de match de football.

Le tournoi de travball était arbitré par une vingtaine de drag queen.
Le tournoi de travball était arbitré par une vingtaine de drag queen. © Radio France / Bastien Munch

Le karaoké à l'Opéra comique

Dans un tout autre registre, l'Opéra comique de Paris organisait lui une séance de karaoké géante jusqu'à 4h du matin, par sessions d'une heure. L'objectif : apprendre les paroles, mais surtout les mélodies des plus grandes œuvres de l'opéra comique. Parmi elles, Carmen de Georges Bizet. C'est l'un des chanteurs de l'Opéra comique en personne qui vient donner la leçon, notamment pour le célébrissime "L'amour est un oiseau rebelle". La foule assise face à l'écran chante en chœur, essayant de suivre les indications didactiques de son professeur pour atteindre les bonnes hauteurs de notes. Beaucoup de ratés, de fous rires, mais malgré tout, en seulement une heure, le public réussit à fredonner un chant d'opéra avec toutes les nuances qu'il comporte.

Le chanteur sur scène utilise surtout l'humour pour faire comprendre au public les nuances d'un chant d'opéra.
Le chanteur sur scène utilise surtout l'humour pour faire comprendre au public les nuances d'un chant d'opéra. © Radio France / Bastien Much
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