La Foire internationale d'art contemporain ouvre ses portes ce jeudi : la nef du Grand Palais, à Paris, accueille la 45e édition de cette foire qui regroupe 195 galeries en son sein. Si le public y est le bienvenu, c’est avant tout un lieu de mise en relation des différents métiers du monde de l'art.

La Fiac accueille, selon ses chiffres officiels, 75 000 visiteurs par an
La Fiac accueille, selon ses chiffres officiels, 75 000 visiteurs par an © AFP / Thomas Samson

Quelques 195 galeries issues de 27 pays, et 75 000 visiteurs sur les sept sites d’exposition : à partir de ce jeudi et jusqu’à dimanche, la Foire internationale d’art contemporain (Fiac) se tient à Paris pour sa 45e édition, sous la nef du Grand Palais. Avec Art Basel (basée à Bâle en Suisse, mais aussi organisée à Hong Kong et Miami), Frieze à Londres et TEFAF à New York et Maastricht, elle est l’un des plus importants rendez-vous du monde de l’art contemporain. 

Mais si vous avez l'intention de découvrir les tendances actuelles de l'art contemporain, il faudra mettre la main au porte-monnaie - ou préférer les activités gratuites hors les murs : l'entrée publique s'élève à 38 euros. Car si la Fiac est ouverte au grand public hors quelques créneaux horaires réservés aux “VIP” (comprenez, les grands collectionneurs et les personnalités influentes), une foire d'art, c'est avant tout un lieu de rencontre entre les différents acteurs du marché de l'art

Galeries, acheteurs et artistes

Pour Nicolas Kaddeche, responsable "Marché de l'art et Clientèle privée" au cabinet d'assurances spécialisé Hiscox, les foires d'art, "ce sont vraiment des grands moments qui vont faire exister une sorte d'élan entre tous les grands faiseurs" du monde de l'art. C'est, en d'autres termes, l'endroit où se retrouvent galeries, acheteurs et collectionneurs et artistes, et où ils font affaire

"Les grands collectionneurs se déplacent, ils vont faire les grandes foires pour aller à la rencontre des galeristes qu'ils connaissent bien et en découvrir de nouveaux" explique Nicolas Kaddeche. "Sur une foire comme la Fiac, on trouve également une clientèle locale qu'on ne retrouve qu'à Paris et pas ailleurs" ajoute Franck Prazan, marchand de tableaux de la galerie Applicat-Prazan, présent sur la Fiac cette année. Il ajoute : "Sur les 100 000 personnes présentes, il n'y a pas non plus 100 000 acheteurs : c'est également _très important pour nous de présenter ce que nous savons faire au grand public_, d'être présent à ce moment-là".

Être présent avant tout

Être présent : c'est tout l'enjeu d'une foire d'art contemporain, autant pour les artistes que pour les galeries. "Aujourd'hui, le modèle économique d'une galerie ou d'un marchand de tableaux est à 100% lié aux grandes manifestations artistiques" confie Franck Prazan. "C'est une grande partie du budget des galeries, cela implique des frais de transport et d'assurance des œuvres très importants, mais l'enjeu est de taille : il faut toucher les gros collectionneurs" ajoute Nicolas Kaddeche. 

Arriver à se frayer un chemin jusqu'aux allées du Grand Palais est donc souvent un parcours du combattant pour les galeries. Il ne suffit pas de louer un espace d'exposition, encore faut-il être sélectionné : un jury passe en revue chaque année les propositions artistiques des galeries. "C'est une procédure très compliquée, très pointue, très exigeante, aucun stand n’est jamais acquis, ce n’est pas un fonds de commerce. On peut, si par malheur on n’est pas au rendez-vous de la qualité, se retrouver privé de participation au cours des années à venir”, explique Franck Prazan, qui a été par le passé membre du comité de sélection de la Fiac. 

Et au final, l'acte d'achat a-t-il toujours lieu au moment de la foire ? "Pas toujours", répond Nicolas Kaddeche de Hiscox. "C'est surtout un moyen d'entrer en relation, de rencontrer les artistes aussi : c'est le début d'une relation qui se fait en dehors de la foire. Mais on peut aussi acheter tout de suite une oeuvre cash et se la faire livrer". Seule nuance : une oeuvre achetée en début de foire ne pourra, en général, pas être emportée le jour même car il faut qu'elle reste sur le stand jusqu'à la fermeture de la foire. "Mais c'est aussi dans l'intérêt de l'acheteur, que son oeuvre soit la plus vue possible, s'il envisage par exemple de la prêter à des musées ensuite" précise Nicolas Kaddeche. 

Le lieu du "premier marché"

Une foire d'art contemporain, c'est donc avant tout un lieu commercial. Il ne faut pas, ainsi, la confondre avec une biennale ou un salon, où les œuvres sont exposées mais pas vendues et, en général, mises en compétition entre elles - avec un prix à la clé. 

Pourtant, les foires sont, tout autant que les salons, des lieux d'émergence pour de jeunes artistes. Car elles sont le lieu privilégié de ce qu'on appelle, dans le marché de l'art, le "premier marché" : en grande majorité, les œuvres qui y sont vendues trouvent preneur pour la première fois. Le galeriste joue vraiment un rôle d'intermédiaire, l'oeuvre passe des mains de l'artiste à celles de l'acheteur. 

Ces transactions aident donc à fixer la cote des jeunes artistes et à faire émerger de nouveaux artistes cotés - et les galeries qui vont avec. Cette année, la plus jeune galerie représentée à la Fiac a à peine un an d'existence. Ce qui fait que les foires d'art, et a fortiori les foires "satellites", qui sont organisées en parallèle à ce mastodonte, sont des lieux parfaits également pour découvrir des artistes émergents et - pour les plus aisés - commencer à collectionner les vedettes de l'art de demain, à des prix plus abordables.

Car les prix les plus exorbitants, ceux que l'on voit régulièrement en une des journaux, ce sont ceux du "second marché", où l'oeuvre passe simplement d'un premier propriétaire à un nouveau. C'est le cas des œuvres d'art vendues aux enchères, ou de celles que l'on trouve chez les marchands de tableaux comme Franck Prazan. Ce sont donc en général celles-ci qui sont les plus chères.

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